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vendredi 19 juillet 2024

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Une rencontre fantastique avec Wes Anderson

Le Festival Lumière est de retour à Lyon pour sa quinzième édition du 14 au 22 octobre. Ce lundi 16 octobre, à l’occasion de la sortie de son dernier court métrage, projeté lors du Festival et qui sortira sur Netflix, j’ai eu l’immense honneur de rencontrer l’un des réalisateurs les plus innovants et atypiques de sa génération, Wes Anderson. Ce dernier s’est notamment fait remarquer grâce à son style coloré et symétrique, à travers des films comme Moonrise Kingdom, sorti en 2012, The Grand Budapest Hotel, sorti en 2014, ou encore le dernier en date, Asteroïd city, sorti il y a quelques mois. 

Né le 1er mai 1969 à Houston au Texas, le réalisateur a cette étonnante particularité de n’avoir jamais fait d’études de cinéma et de n’avoir pris aucun cours. Cet homme avait une caméra Super 8 et un rêve ; et cela a plutôt bien fonctionné pour lui. Du film d’animation en passant par la comédie, Wes Anderson est un artiste polyvalent, il a le mérite d’écrire l’entièreté des scénarios de ses films. De surcroît, cette compétence lui vaut d’être reconnu par ses pairs, en étant très souvent nommé dans la catégorie de Meilleur scénario original dans diverses cérémonies. 

L’avez-vous vu peut-être passer sur Tiktok ? La trend “life is like a Wes Anderson movie” qui a cartonné l’été dernier, reprenait les codes artistiques du style de Wes Anderson. Un cadre et des images symétriques, une palette de couleurs très vives et une musique envoûtante. Par ailleurs, cette dernière joue un rôle particulier dans chacun de ses films. La musique est un élément essentiel de ses productions, que ce soit pour les émotions qu’il souhaite nous transmettre ou alors l’atmosphère dans laquelle il plonge le spectateur. Il est connu pour ses nombreuses associations avec, celui qui est pour moi le meilleur compositeur de films de sa génération, notre Alexandre Desplat national. Plus de 70 récompenses à son palmarès et la composition des plus grands films à son actif. Avec Wes Anderson, ils ont tous les deux travaillé sur la musique du film The grand Budapest Hotel, pour lequel il a reçu trois récompenses dans la catégorie meilleure musique de film aux Oscars, aux BAFTA et aux Grammy Awards.

Lors de sa masterclass du 16 octobre qui s’est déroulée à l’auditorium de Lyon, Wes Anderson est revenu sur sa filmographie et explique que chaque projet de films qu’il entreprend est une nouvelle aventure. Il nous dit : « Lorsque j’écris un script, je pense immédiatement à la mise en scène, à comment je peux le mettre en scène de la meilleure façon pour que le public ressente l’émotion que je souhaite transmettre ». Par ailleurs, il nous partageait également sa peur d’aller trop loin, tellement loin que les spectateurs soient dépassés par son propos et finissent par ne pas comprendre son message. 

Wes Anderson est aussi revenu sur cette fabuleuse relation qu’il entretient avec Alexandre Desplat et il raconte qu’il est tombé amoureux de son travail de composition musicale sur le film Birth de Jonathan Glazer, sorti en 2004. Par la suite, il a décidé de le contacter pour la première fois lorsqu’il avait pour projet de réaliser le Fantastique Mr Fox. Il raconte : « C’est devenu automatique, dès que j’ai un projet de film, j’en parle à Alexandre et on commence à travailler ».

Son passage à Lyon fut bref mais intense, si vous souhaitez découvrir ou redécouvrir l’œuvre de Wes Anderson, une exposition permanente vient d’ouvrir ses portes au musée du cinéma et de la miniature dans le Vieux Lyon. Vous pourrez retrouver des maquettes, des costumes et des décors grandeur nature de ses plus grands films. J’ai eu l’opportunité de la voir et je vous assure qu’elle en vaut le détour. 

Je terminerais cet article par une citation venue tout droit de son dernier film, Astéroïd city (ce n’est pas un spoil promis). Un des personnages dit : « Je ne suis pas sûr de comprendre la pièce » et l’autre lui répond « Ce n’est pas grave, le plus important c’est de continuer à raconter l’histoire ». Donc si vous avez l’impression d’être perdu dans votre vie ou que vous ne comprenez pas ce qu’il se passe, ce n’est pas grave, le plus important c’est de continuer à vivre et à apporter ce que vous pouvez dans le monde complètement fou dans lequel nous vivons actuellement.  

Vive vous et Vive le cinéma !

Sources :
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