Aujourd'hui :

dimanche 29 janvier 2023

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Retour sur la visite de l’imprimerie du Progrès

Jeudi 12 janvier 2023 : la plupart des étudiants de Lyon 3 se prépare pour aller en boîte de nuit en ce début de semestre. 21h30, Chassieu : le directeur de l’imprimerie du Progrès ouvre ses portes à une quinzaine de membres du JMP pour une visite de deux heures.

Tout d’abord, un peu d’histoire

Né en 1859, le Progrès est l’un des titres les plus anciens de France. Il a survécu à la Seconde Guerre mondiale alors que très peu ont réussi cet exploit. Bien que située en zone libre, la censure lui a été imposée. Pourtant, un grand nombre d’ouvriers et de rédacteurs soutenaient la résistance, et c’est la raison pour laquelle il n’a pas été contraint de changer de nom à la suite de la guerre.

Chers lecteurs, vous êtes vous déjà demandé pourquoi était-il inscrit « LE PROGRÈS » sur le haut de la façade de la Fnac, rue de la République ? Et bien c’est justement parce qu’après être né à l’Hôtel de la charité de Lyon en 1859, les imprimeries du journal se sont installées, à partir 1881, sur près de 400 mètres le long de la rue de la République. Elles ont désormais déménagé à Chassieu, où l’étendu de la fabrique lui permet d’imprimer près de 300 000 exemplaires par jour.


La chronologie de la fabrication du Progrès

Le tour de la fabrique commence par la visite d’un hangar où est stocké le papier journal. 900 tonnes de papiers y sont entreposées ; ils permettent une subsistance d’un mois. Rien n’est laissé au hasard : l’hygrométrie est tempérée, par exemple. Le taux d’humidité dans l’air ne doit pas être trop bas : si l’air est trop sec, le papier peut casser, s’il est trop humide ; le papier risque d’être détrempé.

Dans une pièce voisine, c’est l’encre qui est conservée dans de grandes barriques. En plus du noir, il n’existe que trois couleurs : le cyan, le magenta et le jaune ; elles seront superposées lors de l’impression afin d’obtenir toutes les couleurs.

Le directeur nous explique que le contenu du journal est envoyé par les rédacteurs la veille de l’impression, gardant toujours une marge de manœuvre afin d’ajouter les dernières informations brûlantes de la journée. Il est déjà arrivé qu’une information inattendue bouleverse la nuit des ouvriers. Il est rare qu’une telle chose arrive, mais c’était le cas le jour de la mort de Michael Jackson ou de la Princesse Diana par exemple. La confirmation tardive de leurs morts a conduit l’équipe à réimprimer la totalité des journaux : soit un demi-million de journaux d’exemplaires.

Une fois la version finale de l’édition arrêtée, on la grave sur des plaques en aluminium qui seront ensuite insérées dans les machines comme modèle d’impression.

À partir de 22h30, les rotatives se mettent en route à un rythme de 20 journaux imprimés par secondes. Elles ne s’arrêteront pas avant 2 heures du matin en finissant par tirer les journaux qui seront distribués le plus proche, c’est-à-dire dans le Rhône.

Une fois tiré et contrôlé, le journal est conditionné pour une livraison de ses abonnés et dans les points de vente où l’hebdomadaire y est alors vendu 1 euro 30. Il faut cependant noter que son coût de fabrication est supérieur à 1 euro 30. Le Progrès vit en partie de ses ventes, mais les partenariats publicitaires sont plus que nécessaires à son existence et sa pérennité.


Une couverture géographique étendue

Le Progrès appartient au premier groupe de presse quotidienne: le groupe Ebra qui regroupe toutes les presses de l’est de la France, passant des Hautes-Alpes à l’Alsace.

L’imprimerie tire les journaux de cinq départements: Rhône, Loire, Haute-Loire, Ain et  Jura, eux-mêmes subdivisés en zone afin d’adapter le contenu journalistique en fonction de la demande locale.


Vers l’érosion progressive du papier

Petit à petit, l’imprimerie de Chassieu s’est agrandie. Mais contrairement à ce qu’il pourrait être pensé, cette croissance ne témoigne pas d’un succès grandissant du Progrès. Dans une société où l’innovation technologique est à l’ordre du jour, le journal papier connaît une érosion progressive. La population se tourne de plus en plus vers des canaux d’informations numériques et le journal physique est relégué au second rang.

Bien que le Progrès propose des services d’informations en ligne, il est aujourd’hui posé la question de la durée de survie du papier. Le directeur de l’imprimerie nous dit que ce phénomène ne va pas aller en s’arrangeant. Et par conséquent, l’imprimerie de Chassieu se verra-t-elle disparaître ? Et surtout, le papier survivra-t-il au numérique ?



Sources :
Partager cette publication :
Facebook
Twitter
LinkedIn
Email
WhatsApp