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dimanche 21 avril 2024

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Rapport 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France : « une situation alarmante » alerte le Haut Conseil à l’Egalité

TW : violences sexistes et sexuelles 

Le 23 janvier dernier sortait le Rapport 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France du Haut Conseil à l’égalité (HCE). Cette instance consultative indépendante, placée auprès du Premier ministre, est chargée d’élaborer un rapport annuel sur l’état du sexisme en France depuis la loi relative à l’égalité et la citoyenneté du 27 janvier 2017. Créé en 2013, le HCE « a pour mission d’assurer la concertation avec la société civile et d’animer le débat public sur les grandes orientations de la politique des droits des femmes et de l’égalité ».

Le Rapport 2023 a été dressé à partir des résultats du deuxième « Baromètre Sexisme » réalisé par l’institut Viavoice. 2500 personnes âgées de 15 ans et plus ont été interrogées notamment sur leur perception du sexisme et sur les situations vécues par les femmes. Le constat demeure sans appel : « malgré des avancées incontestables en matière de droits des femmes, la situation est alarmante » nous fait part le HCE à travers ce Rapport. 

Un constat plus qu’inquiétant, révélateur des failles de nos systèmes politiques et juridiques 

« Le sexisme, on ne sait pas toujours comment ça commence, mais on sait comment ça se termine » sont les mots d’ouvertures saisissant de ce rapport.  Une phrase qui nous rappelle le danger du sexisme. Le constat est clair, « le sexisme ne recule pas en France ». Bien au contraire, « certaines de ses manifestations les plus violentes s’aggravent ». 

Vécu et conséquences graves du sexisme en France en 2022 

Le Rapport démontre que le sexisme demeure une réalité vécue quotidiennement par les femmes. Un premier constat est opéré grâce au Baromètre Sexisme : le fait que de nombreuses inégalités persistent entre les femmes et les hommes, et ce dans toutes les sphères de la société. 93% des Françaises et des Français estiment que “les femmes et les hommes ne connaissent pas le même traitement dans au moins une des sphères de la société (travail, espace public, école, famille)”. 

Le monde du travail est perçu comme particulièrement sexiste. Ainsi, seules 20% des personnes interrogées estiment que « les hommes et les femmes sont égaux en pratique ». Ce score en baisse de 3 points s’explique d’une part, par la surreprésentation des femmes dans des métiers précaires aux conditions de travail dégradées et aux horaires atypiques (tôt le matin, le soir, le week-end – une étude de l’INED de 2022 a démontré que les femmes peu qualifiées y sont de plus en plus exposées) et d’autre part, par la sous-représentation des femmes dans les métiers d’avenir en raison du manque d’ouverture de ces métiers à celles-ci. De même, 37% des femmes affirment « avoir déjà vécu des discriminations sexistes dans leurs choix d’orientation professionnelle ». Dans le cadre des médias, les femmes, bien que plus présentes sur les plateaux, n’ont pas le même temps de parole que les hommes (43% de présence contre 36% de temps de parole) et demeurent moins représentées dans la catégorie des invités politiques. Seules 32% des femmes interrogées considèrent les médias comme « un espace égalitaire ». Du côté de la sphère éducative, le score sur le ressenti égalitaire chute de 9 points par rapport à celui de 2021. Même constat dans la sphère des réseaux sociaux, où seulement 32% de la population considèrent cette sphère comme un espace égalitaire. Ce chiffre passe à 26% quand il ne concerne que l’opinion des femmes et à 21% lorsqu’il s’agit que de l’opinion des 15-24 ans, qui représentent la part des femmes les plus actives sur les réseaux sociaux. 

Un sentiment très net se dégage de ces résultats, celui qu’il « est plus difficile d’être une femme qu’un homme dans la société actuelle » : 55% estiment en effet qu’il est difficile d’être une femme contre 20% pour un homme. Ce constat est encore plus ressenti chez les femmes dans la tranche des 15-24 ans. 

Le Baromètre démontre un deuxième constat  : celui du vécu quotidien du sexisme, vécu qui est largement partagé par les femmes. En effet, 80% des femmes « ont déjà eu l’impression d’avoir été moins bien traitées en raison de leur sexe », score qui s’élève à 37% chez les hommes. Ces situations sexistes sont particulièrement vécues dans les sphères perçues comme inégalitaires : 57% dans la rue et les transports, 49% au sein du foyer, 46% dans le monde du travail et 41% dans le cadre de l’école ou des études. 

Une part importante des sondées évoque également des situations de « sexisme ordinaire » : 57% des femmes « ont déjà subi des blagues ou remarques sexistes », 41 % « un déséquilibre dans les tâches ménagères », 41 % « des sifflements et gestes déplacés de la part d’un homme », 38 % « des situations de « mansplaining » » (situation dans laquelle un homme explique à une femme quelque chose qu’elle sait déjà, où pour laquelle elle est plus qualifiée que lui), 29 % « des remarques faites sur leur tenue ou physique ». 

Les situations de discriminations, de violence et de harcèlement sont vécues dans des proportions alarmantes d’après les résultats :

  • 23% des femmes révèlent « avoir vécu un écart de salaire avec un collègue homme à poste égal ou compétences égales »
  • Concernant les violences physiques, sexuelles et psychologiques, le constat est dramatique : 14% déclarent « avoir subi un « acte sexuel imposé » » (22% chez les femmes de 18  à 24 ans), 33% des femmes interrogées « ont déjà eu un rapport sexuel suite à l’insistance de leur partenaire, alors qu’elles n’en avaient pas envie » ; 7 % « ont déjà subi des étreintes, baisers par un collègue ou un homme qu’elles ne connaissaient pas », 22 % « ont déjà vécu une situation d’emprise psychologique ou de jalousie excessive imposée par leur conjoint », 15 % « ont déjà subi des coups portés par leur partenaire ou ex-partenaire » (20 % chez les 50-64 ans). 

Ces résultats sont corroborés par une augmentation nette des victimes de violences sexistes et sexuelles : 220 000 personnes victimes d’infractions sexistes ont été enregistrées par les forces de l’ordre, ce qui représente 8% de plus que 2019. L’immense majorité des victimes est composée des minorités sexuelles ou de genre (cf. Rapport de LGBTphobies 2022) ou encore les femmes handicapées, qui voient le risque d’y être exposées multiplié par deux. 

Les féminicides (meurtre d’une femme du fait qu’elle est une femme) conjugaux sont également en hausse : 122 cas de féminicide ont été recensés en 2021 contre 102 en 2020, ce qui représente une hausse de 20%. 

Enfin, il est prouvé que le sexisme conduit les femmes à des renoncements quotidiens. En effet, 9 femmes interrogées sur 10 affirment « anticiper les actes et les propos sexistes des hommes et adopter des conduites d’évitement pour ne pas les subir ». Pour cela, 55% « renoncent à sortir et à faire des activités seules », 52% « renoncent à s’habiller comme elles le souhaitent », 41% « veillent à ne pas parler trop fort ou hausser le ton » et 40% « censurent leur propos par crainte de la réaction des hommes ». De même, 8 femmes sur 10 ont peur de rentrer seules chez elles le soir.

Ces situations sexistes entraînent une perte de confiance et, par la suite, des conséquences concrètes sur leur vie quotidienne et leur parcours professionnel. Près d’une femme sur 5 avoue « avoir des difficultés à prendre la parole au sein d’un groupe ». 35% des actives « n’osent pas demander une promotion ou une augmentation » et 15% des femmes « ont déjà redouté voire renoncé à s’orienter dans des métiers scientifiques ». 

Les femmes subissant des situations sexistes de façon quotidienne intègrent des stratégies d’évitement ou d’anticipation des manifestations sexistes, dès le plus jeune âge et ce, tout au long de la vie, ce qui représente une charge mentale supplémentaire pour les femmes. 

L’adhésion aux stéréotypes sexistes encore bien trop présente, particulièrement chez les hommes

Une contradiction s’opère entre la sensibilité accrue des inégalités de genre et le vécu renforcé des violences sexistes et sexuelles. Celle-ci s’explique par la difficulté, notamment chez les hommes, à prendre conscience au quotidien du sexisme banalisé et du continuum des violences, c’est-à-dire du lien entre le sexisme ordinaire (blagues, clichés, stéréotypes), bénin à première vue, et les suites qu’il suscite en matière de domination et de violence (violences plus graves). 

En effet, les situations sexistes « banales » du quotidien sont vues comme « partiellement acceptables » par l’ensemble de la population. Ces stéréotypes genrés ont un impact sur les rapports familiaux, les rapports de séduction, de couple, les rapports professionnels mais aussi sur les rôles de genre et les valeurs morales. Ainsi : 

  • Seulement 49 % des femmes et 37 % des hommes estiment « problématique qu’une femme cuisine tous les jours pour toute la famille » ; 
  • Un tiers de la population (27 % des femmes et 40 % des hommes) déclare qu’il est « normal que les femmes s’arrêtent de travailler pour s’occuper de leurs enfants » (ce qui représente une hausse de 6 points par rapport à l’an dernier) ; 
  • 38 % des femmes et 52 % des hommes considèrent qu’il « est normal que l’homme paye l’addition au premier rendez-vous » ;
  • 17 % des femmes et 35 % des hommes considèrent qu’il « est normal que les femmes prennent plus soin de leur physique » ; 
  • 65 % des femmes et 77 % des hommes (82 % pour les hommes de 65 ans et +) pensent que « les hommes doivent protéger les femmes » tandis que 50 % des femmes et 62 % des hommes considèrent que « les femmes sont naturellement plus douces que les hommes » ; 
  • 46 % des femmes et 39 % des hommes pensent qu’il « est plus difficile pour les hommes de pleurer que pour les femmes » ; 
  • 20 % des femmes et 35 % des hommes pensent que « les hommes ont naturellement plus le sens de l’orientation que les femmes » ; 
  • 13 % des femmes et 34 % des hommes pensent que « les poupées c’est pour les filles et les camions pour les garçons » ; 
  • 23% des hommes pensent que « le barbecue est « une affaire d’hommes » ».

Ces représentations et comportements très genrés demeurent en effet profondément ancrés dans l’opinion. Ceci est particulièrement le cas pour les sphères jugées les plus inégalitaires de la société (foyer, monde professionnel) mais c’est également le cas pour la galanterie ou pour la « mise en valeur » des différences sexuées. 

Selon le Baromètre Sexisme, ce sont surtout les hommes qui restent imprégnés des stéréotypes. Ceux-ci auraient plus de mal à déceler les situations ou les clichés sexistes comme étant problématiques : 57 % des hommes considèrent « qu’un homme qui commente la tenue vestimentaire d’une femme est problématique » contre 77 % des femmes et 67 % des hommes estiment « qu’un employeur qui embauche un homme plutôt qu’une femme à compétences égales n’est pas perçu comme un problème » contre 84 % des femmes.  

Un clivage générationnel est démontré. D’une part, on observe ainsi plus de conservatisme chez les hommes plus âgés (65 ans et plus) : 78 % considèrent « qu’un homme doit prendre soin financièrement de sa famille » (contre 67 % en moyenne) ; 47 % estiment qu’il est « normal que les femmes prennent plus soin de leur physique que les hommes » (contre 35 % en moyenne). D’autre part, chez les hommes de moins de 35 ans, on observe un ancrage plus important des clichés « masculinistes » et une plus grande affirmation « d’une masculinité hégémonique » qui est perçu comme une valorisation de leur genre : Par exemple, 20 % des 25-34 ans considèrent que « pour être respecté en tant qu’homme dans la société, il faut vanter ses exploits sexuels auprès de ses amis » (contre 8 % en moyenne) et 21 % considèrent qu’il « faut rouler vite » (contre 9 % en moyenne) et 23 % qu’il « faut parfois être violent pour se faire respecter » (contre 11 % en moyenne). Concernant les contenus pornographiques, seuls 48 % des hommes entre 15 et 34 ans considèrent que « l’image des femmes véhiculées par les contenus pornographiques est problématique » contre 79 % des hommes âgés de 65 ans et plus.

Or, selon le Baromètre Sexisme, les hommes peinent à se sentir concernés. Ainsi, les hommes n’engagent pas leur responsabilité personnelle ne se sentant pas concernés : tandis que 37 % des femmes « ont déjà vécu une situation de non consentement », seuls 12 % des hommes déclarent qu’ils « ont déjà insisté pour avoir un rapport sexuel alors que leur partenaire n’en avait pas envie ». Certains vont même jusqu’à inverser la responsabilité, engageant celle des femmes : 16 % des hommes pensent encore « qu’une femme agressée sexuellement peut en partie être responsable de sa situation ». 

Enfin, les hommes refusent de considérer qu’il existe un problème structurel : 7 hommes sur 10 considèrent qu’on « généralise en considérant que les « hommes sont tous sexistes » ». Ceux-ci considèrent ainsi que « la lutte antisexiste va trop loin » et estiment, pour 4 hommes sur 10, qu’ « on s’acharne sur les hommes », et pour 6 hommes sur 10 que « les porte-paroles féministes en font trop ». 

Le Rapport 2023 rappelle qu’il est urgent de « prendre en compte les résultats concernant les hommes et les spécificités générationnelles et sociales à l’œuvre chez eux » en raison du phénomène de continuum des violences qui s’opère. 

Des moyens insuffisants face au sexisme et ses nouvelles formes 

Le Rapport déplore les dispositifs publics mis en place pour endiguer le sexisme et pour protéger les femmes, jugés inopérants. Le Baromètre Sexisme démontre le contraste entre d’un côté, la hausse de la mobilisation sur ces sujets et de l’autre, le manque de confiance à l’égard des institutions. 

En effet, depuis 5 ans, on observe une hausse des mobilisations féministes qui touchent tous les pans de la vie quotidienne, prennent toutes les formes de sensibilisations (réseaux sociaux, presses, podcasts, etc.) et proposent de nouvelles occupations de l’espace public (collages, manifestations, festivals, etc.). Toutefois, le gouvernement demeure le dernier des acteurs de confiance identifiés « pour prévenir et lutter contre les actes et propos sexistes » à hauteur de 30% (4% de la population a totalement confiance dans le gouvernement), contre 35% dans l’école et l’université et 48% dans les forces de l’ordre. Il s’avère que la population interrogée a plus confiance dans les médecins et les associations spécialisées.

A peine un quart de la population seulement considère l’action des pouvoirs publics comme étant efficace. 82% « souhaitent voir la prévention et la lutte contre le sexisme devenir un sujet prioritaire dans l’agenda des pouvoirs publics » (ce qui représente un score en hausse de 6%). 

Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes, déclarait : « #MeToo est un mouvement de victimes sans coupables. #MeToo reste à faire pour résoudre le paradoxe d’une société convaincue d’avoir pris conscience de l’ampleur des violences sexuelles, mais qui n’en tire aucune conséquence pour ceux qui en sont les responsables ». 

Le HCE alerte sur le phénomène de backlash  (forte réaction négative à une idée, une action ou un objet), observable sur tous les fronts. Certains hommes qui se sentent fragilisés, en danger face aux mouvements féministes réagissent de façon agressive et/ou rejoignent des mouvements virilistes. 

Les chiffres du Baromètre Sexisme sont révélateurs de cette vague antiféministe : 33 % des hommes interrogés pensent que « le féminisme menace la place et le rôle des hommes dans la société » et 29 % d’entre eux estiment que « les hommes sont en train de perdre leur pouvoir ».

On observe ainsi une hausse des prises de positions politiques réactionnaires. C’est le cas de l’anthropologue Emmanuel Todd, qui infériorise les femmes tout en dénonçant la montée en puissance de la « matridominance idéologique » en déclarant « Nous n’avons pas besoin de petites-bourgeoises qui dénoncent inlassablement, au nom du “genre”, l’oppression d’un sexe par un autre, et diabolisent des hommes qui ont un peu trop travaillé. Ce dont nous avons besoin dans l’immédiat, c’est de femmes qui prennent leur part des luttes sociales et de l’organisation du collectif ». 

De nombreux raids ont lieu et se multiplient en ligne contre les femmes afin de les réduire au silence ou de les discréditer. Selon l’ONU, 73% des femmes dans le monde auraient déjà été victimes de cybersexisme, de cyberharcèlement et de haine en ligne. Lucie Ronfaut, autrice d’une enquête sur l’antiféminisme sur les réseaux sociaux parue dans Le Monde, expliquait que « Longtemps cantonnée à des forums cachés, la « manosphère » – ensemble de communautés qui prétendent défendre les hommes contre de supposées attaques – se déploie désormais sur des applications populaires, banalisant des opinions violentes auprès d’un jeune public ».

Cette vague antiféministe est plus qu’inquiétante et constitue une menace pour le droit des femmes dans le monde. Le Haut Conseil rappelle que l’année 2022 a vu les conséquences de ce phénomène dans les décisions politiques majeures à l’étranger telles que le recul historique du droit à l’avortement aux États-Unis ou encore la façon dont les femmes sont placées en première ligne lors des tensions géopolitiques (Ukraine, Iran, Afghanistan). Le constat est clair, partout dans le monde « la diplomatie féministe est impuissante et s’efface sous les poussées de l’extrême droite ».

10 recommandations du HCE pour une réponse globale 

Le Haut Conseil à l’égalité préconise une réponse globale et massive face à ce phénomène préoccupant. Le HCE propose ainsi des pistes d’action en urgence pour enrayer ce phénomène. 

Tout d’abord, il est plus que nécessaire d‘agir directement sur les mentalités des personnes : il faut alors dégenrer les jouets destinés aux enfants dès la naissance ; garantir la tenue des enseignements obligatoires à la sexualité et à la vie affective (prévue par la loi) ; lutter contre les stéréotypes sexistes en adoptant un plan national d’orientation professionnelle dès le collège pour orienter les jeunes filles vers les métiers scientifiques, techniques, numériques, et d’avenir ; inclure dans les recommandations émanant du conseil national des programmes l’obligation de juste représentation et proportion de figures féminines dans les manuels, les programmes scolaires et les sujets d’examen, et conditionner leur mise sur le marché à cette juste représentation des femmes. Cela doit se faire tout en modifiant leur environnement : il est alors nécessaire d’éliminer les stéréotypes sexistes et les séquences dégradantes pour les femmes de l’univers médiatique et numérique pour peser positivement sur la construction des mentalités en faisant entrer l’image et le traitement des femmes véhiculés en ligne dans le champ de la régulation du numérique et en renforçant la lutte contre la diffusion de contenus pornographiques illicites ; de créer un « Observatoire de l’égalité dans la presse » ; de multiplier des opérations de campagne pour améliorer l’information sur le sexisme telles que l’institutionnalisation d’une journée nationale de lutte contre le sexisme.

Dans un deuxième temps, il faut agir sur les effets : ce qui nécessite davantage de protection pour les femmes  à travers le renforcement de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire (renforcer le combat contre le harcèlement, le cyberharcèlement et les violences en ligne dans tous les établissements, concevoir et mettre en œuvre un plan national visant à assurer la sécurité des jeunes femmes dans la rue à proximité des établissements scolaires, dans la continuité du « plan Angela ») ; le renforcement de la lutte contre les VSS en politique (création d’une instance indépendante, rendre systématique la peine complémentaire d’inéligibilité des élus condamnés pour violences, prévoir le remplacement par leurs suppléants des parlementaires mis en cause) mais aussi davantage de sévérité pour toute entreprise ou institution qui ne mettrait pas en place de dispositif efficace (passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultats pour les politiques d’égalité) ; l’adoption des critères d’égaconditionnalité dans l’ensemble des aides et financements publics pour qu’aucun argent public ne soit distribué sans contrepartie en matière d’égalité et la systématisation de l’élaboration de budgets genrés. 

Enfin, dans un troisième temps, il est nécessaire d’avoir des pouvoirs publics plus performants par la garantie d’une permanence d’accueil des victimes par une personne dédiée dans chaque commissariat de police et brigade de gendarmerie ; par la formation de manière urgente, obligatoire et continue aux mécanismes des VSS tous les professionnels au contact des femmes victimes de violences et notamment les professionnels de la justice, en particulier les juges aux affaires familiales, et par la formation de l’ensemble des officiers de police judiciaire à l’audition des victime ; par l’obtention des moyens financiers similaires à ceux du budget de l’Espagne pour doter de manière adéquate les juridictions chargées d’examiner les violences intrafamiliales. Il faut également diligenter une étude sur les refus de plaintes, sensibiliser à leur illégalité, et les sanctionner et assurer un accompagnement médical et psychologique gratuit à toutes les femmes victimes de violences.

Sources :

Article :

« Rapport annuel 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France », Haut Conseil à l’égalité, 23 janvier 2023, https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hce_-_rapport_annuel_2023_etat_du_sexisme_en_france.pdf 

« Baromètre Sexisme 2023 », Viavoice, Novembre 2022, https://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/IMG/pdf/hce_-_barometre_sexisme_viavoice.pdf 

PIERRE-BROSSOLETTE S., CHAUDOUËT-DELMAS M., ALBERTI X., BERNARD M-A., « Rapport annuel 2023 sur l’état des lieux du sexisme en France », Vie publique, 23 janvier 2023, https://www.vie-publique.fr/rapport/287924-rapport-hce-etat-des-lieux-du-sexisme-en-france-2023

Photo :

Jeanne Menjoulet / Flickr https://www.flickr.com/photos/jmenj/31093777397/in/photostream/

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