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dimanche 27 novembre 2022

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Projet d’écriture libre sur le thème Réalité(s) et (dés)illusions 

Exode en guerre 

Ils dansent dans le feu, ils dansent dans le feu, 

Alors taisez-vous et laissez-leur la parole, 

Taisez-vous, ce n’est pas votre sol qu’on immole. 

Dansez-vous dans le feu, dansez-vous dans le feu ? 

Nous voulons fuir ce lieu, nous voulons fuir ce lieu. 

Pourquoi brûlez-vous nos cités et nos enfants ? 

Pourquoi nos pluies sont-elles de poudre et de sang ? 

Éteignez tous vos feux, éteignez tous vos feux. 

Laissez-nous fuir ce lieu, laissez-nous fuir ce lieu. 

Vous tranchez notre chair, nous trancherons vos mers. 

Tout nous brûlera, le sel, l’air et la lumière. 

Nous implorons les dieux, nous implorons les dieux. 

Par pitié soyez pieux, par pitié soyez pieux. 

Laissez-nous entrer, nous ne voulons que la paix. 

La mort nous attend, vous avez fermé vos quais. 

Nous vous disons adieu, nous vous disons adieu. 

A nouveau dans les feux, à nouveau dans les feux, 

Nos compères osseux, maigres et piteux pleurent. 

Ainsi, en enfer, nous attendons tous notre heure. Ah, de nouveau il pleut, ah, de nouveau il pleut… Baptiste Favre 

Malheur et stoïcisme 

Maudissant les foules de ne pas m’admirer, 

Fustigeant l’univers de m’avoir façonné, 

Ordonnant au destin de ne pas s’acharner, 

Blasphémant les Dieux de m’avoir abandonné, 

Je n’ai jamais fauté, je n’ai jamais échoué. 

Le système et les lois m’ont toujours oppressé. 

La société aspire à me persécuter, 

Où est le coupable, de chacun de mes péchés ? 

Mes yeux cherchent alors qui je peux accuser, 

Mon âme scrute la couleur de chaque idée. 

Mais lorsqu’enfin je l’entrevois, il apparaît 

Dans le miroir, où ne brille que mon reflet. 

Baptiste Favre 

 

Dieu 

L’Homme, imparfait, a créé un Dieu parfait. 

Dieu, parfait, a créé des Hommes imparfaits. 

Baptiste Favre

 

Enfers et insomnies 

Maintenant que le soleil s’en va, 

Qu’Éôs replie le voile des astres de ses aubes, 

Que s’installent le crépuscule et la ténèbre des cieux ; 

Maintenant que les couleurs d’Hécate et d’Hélios s’emparent 

Et découlent de la grande beauté étrennée de tes yeux, 

La douleur ronge tes lèvres : Séléné est là. 

Le tourment qui s’empare de ton âme quand tu traverses la nuit, 

Brûle dans tes veines. Ton cœur se meurt et tu cries, tu allègues Apollon, 

Tu cherches la lumière pour chasser l’obscurité de tes démons. 

Le sang d’Athéna ruisselle de ta bouche, ma douche, tu es une demi-déesse ; 

Pleinement humaine le jour, Eurydice les soirs de pluie, 

Attendant douloureusement qu’Orphée apparaisse 

Et te délivre de tes peines, le venin des enfers de tes longues nuits. 

Chloé Urso 

 

« Ubi societas ibi jus » : « Là où il y a une société, il y a du droit » 

L’Aveugle se dérobe aux Toges mouvantes 

Un bandeau sur les yeux, l’aura éclatante 

S’échappant, sans jamais perdre son souffle. 

Les Hommes que les robes camouflent 

Cherchent, tous d’intentions auréolés, 

A capturer la femme aux yeux bandés. 

Intangible et insaisissable 

La mère des Vertus 

Persiste, inatteignable 

Échappant à leurs mains tendues. 

Les Hommes, luttant contre leurs maux, espèrent, 

Persistants, pour vivre près des lumières 

De ce que fut Minerve jadis, 

Ô, Justice. 

Bérénice Crozier 

 

Je suis venue te dire 

Je suis venue te dire que tout n’est pas fini 

Que je ne pars pas, non, 

Mais que l’aube s’en vient tandis que la nuit s’en va. 

Je suis venue te dire que tu commences 

Qu’il y aura bien d’autres jours sans espoir, 

Bien d’autres nuits passées dans le brouillard 

De tes pensées 

Enivrées 

Par la brume du doute et le parfum de la peur. 

Enivrées, rendues saoules par ces âmes malmenées 

Ridicules et essoufflées

Caprices de ta vulnérabilité 

Orgueils de ta superficialité. 

Je suis venue te dire que je te hais. 

Et je suis venue vous dire, à vous, 

Aux rêves archaïques, aux rêves prosaïques, 

Seulement assoiffés d’esthétique ; 

Que vos songes s’avilissent de victoires 

Mais que vos gloires sont bien vaines 

Simples costumes illusoires, 

Soie couleur de haine. 

Seulement, 

A mon âme à moi, 

Je suis venue lui dire, 

Passion, Prend patience 

Talent prend son temps. 

Bérénice Crozier 

 

Lune de sang 

Il ne reste rien de la divine romance 

Sinon les pages brûlées d’un livre rance 

Gisant dans l’infini des temps 

Au décor rouge sang 

La lumière de la lune ce soir 

Hurle mon désespoir 

Dans l’insouciance de l’amour 

Et l’absence en retour 

Le train s’arrêta bien tôt ce soir 

Sur le quai de gare, un dernier au revoir 

L’amour défile si vite et si tard 

Que j’aurais souhaité un ultime retard 

J’ai manqué l’embarquement 

J’ai cru en l’amour bien naïvement 

Et l’avion ne m’as pas attendu 

Triste redevance du temps perdu 

Discutant avec les saints astres 

J’ai pourtant souffert de ce désastre 

Je leur ai contés mes peines et sacrifices 

Me dirent-ils « la vie est étrange fils » 

Sur le port je vois le navire au loin 

Je ne le regrette pas moins 

Je laisse juste mourir l’amour naissant 

Sous le regard de cette lune de sang. 

Alexis Quantin 

 

Paix

Les yeux océans plongés dans le ciel 

Scrutant chaque parcelle de la voûte 

Je contemple le sublime essentiel 

Et les belles mélodies que j’écoute 

Les nuages me parlent davantage 

Leurs discours me plaisent, je leur souris 

Loin des leurres, mensonges et chantages 

Je respire l’air du bonheur nourri 

J’oublie l’humanité quelques secondes 

Je souffle et je m’extirpe de ce monde 

Je larmoie sur les roses qui se fanent 

Le sang coule sur les fleurs de demain 

Mon esprit vagabonde ce matin 

La mort m’embrasse de ses douces lèvres. 

Alexis Quantin 

 

Oublie-moi 

Cette nuit je m’éloignerai de toi 

Tu trouveras une lettre à ton chevet 

Des mots couchés sur le papier net 

Qui entre tout écrit provoqua mon émoi 

Tu liras à travers tes larmes 

Les derniers mots d’une romance 

Car j’ai déposé les armes 

Dans une ultime et folle danse 

J’ai valsé l’amour par inadvertance 

J’ai feint ses délices 

Sans vraiment comprendre le sens 

Des roses changeant les lys 

Je t’aurai aimé à l’aube des jours 

Pourtant aimer ne suffit pas toujours 

La vie est un combat dont on sort peiné 

Mais il faut accepter de continuer 

Les horizons sont incertains 

Et les autres aussi 

Les heures pleurent les matins 

Nous aussi 

Qu’il est dangereux d’aimer 

Quand ta main dans la mienne 

Était mon monde entier 

Et que nos heures étaient sirènes 

Je t’ai aimé plus qu’un homme ne pouvait 

Touchant le soleil, j’ai brûlé 

Revenu sur Terre je pleurais 

Pris dans les silences, à la hurlée 

Oublie-moi mon amour 

Hais-moi fort en retour 

Ne pleure pas les semblants éternels 

Ne succombe pas à la douleur du sel 

Ne me regrette pas s’il te plaît 

N’écourte pas les chansons de ton être 

Dans ses immensités, monde du paraître 

Reste le roi en ton humble palais 

Je t’aimerai pour l’éternité 

Et même plus 

Car le ciel ne saurait m’arrêter 

Alexis Quantin 

 

Le poète 

Au fil du vers, le poète croit déceler dans les mots une certaine vérité 

En eux il trouve tout le beau 

Par eux il croit maitrisé ce chaos 

Il vit, rêve et meurt dans cette solitude bénie 

Où tout pour lui, sonne comme un prélude maudit 

Au fil du temps son esprit s’étiole 

Enfin tout finit par clarté 

Car dans l’aube épilobe se dévoile enfin l’infinie félicité. 

Hugo Puncel 

 

Le choix de l’amour 

J’ai cru avoir la liberté de penser, 

La sotte idée qu’il en allait de la volonté de chacun de se jeter dans cette cour sans sortie et où le seul échappatoire est de grimper aux rosiers en laissant aux atlantes le témoin vermeille de notre souffrance. 

La réalité est que cet amour exalté est une exaction des plus fuyantes pour ceux qui ne laisseront ni atlantes souillées, ni de cœurs en peine. 

Un hydre se dessine alors, la première tête est la crainte de se quitter sans ne plus jamais savoir aimer, la deuxième est la vanité de croire que l’on puisse affliger le plus cruel des maux : aimer. 

Hugo Puncel 

 

Lettre à ma génération 

N’avons-nous rien en commun, 

Sommes-nous condamnés à errer dans les ténèbres, 

Lorsqu’il écrivait « enfant du crépuscule, vous êtes chez vous dans la pénombre » Ne parlait-il pas de l’aurore qui se dessine à l’horizon ? 

N’ayons point de rancœur pour ceux dont le cœur s’est égaré alors même que l’adulation nous a souvent irrités, je pense par zèle et fierté, que nous serons vainqueurs. 

Hugo Puncel

Sources :

Source image : Pexels, banque d’images libres de droit.

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