Aujourd'hui :

vendredi 2 décembre 2022

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Comment dire

Être – 

Naître de – 

Qui de – 

Où être – 

Comment dire – 

Être quoi – 

Pourquoi être – 

Ne pas naître – 

Comment dire – 

Découverte féconde – 

Absence d’être – 

Être ici – 

Ici-bas ou –  

Ou bien descendance – 

N’être pas – 

Là-bas au loin –  

Comment dire – 

Être – 

Soi ou objet – 

Objet – 

Absence d’être – 

Naissance –  

Comment dire –

 

Note d’intention

Le thème de ce texte a pour moi été très spontané : parler du fait d’être, d’exister, de se sentir vivre ou non, est une question qui m’a été et m’est toujours familière. Sous la forme d’un poème, en m’inspirant de celui de Samuel Beckett, intitulé « Comment dire  » et s‘inscrivant dans le recueil Poèmes, l’inspiration m’est tout de suite venue. Je voulais absolument faire apparaître, à la lecture, mais aussi à l’énonciation orale, ce jeu entre être, naître, et n’être. C’est là que tous mes propos et tous les non-dits de mon texte doivent prendre sens aux yeux du lecteur. Ce jeu de sons, qui sont similaires, mais qui ont tous un sens bien distinct, doit permettre au lecteur de voir à quel point cette question est troublante. Comment répondre à cette question : qui suis-je ? Comment dire ?

Tout le sens du titre du poème, tout le sens de cette répétition, presque comme un refrain, se trouve dans cette question. Je crois que chacun dans sa vie se pose cette question, et tout au long de sa vie, pas seulement à quelques moments. Je ne pense pas que l’on puisse se connaître réellement un jour, puisque nous sommes toujours en évolution constante, dans la société mais aussi en nous-même. C’est pour cela que j’ai évoqué l’absence d’être, mais aussi être objet. L’objet a une définition, et lorsqu’on essaie de mettre un Homme dans une case, c’est pour moi comme le rendre objet. La question du pourquoi naître me semblait aussi évidente à mettre : pourquoi décider un jour de donner la vie ? Chaque personne peut alors s’approprier ce poème et y apporter ses propres réponses. C’était aussi le but recherché, et j’ai trouvé que la forme choisie par Samuel Beckett se prêtait bien à cet exercice. Tout comme son poème ou le mien peuvent paraître difficiles à comprendre, la question de l’être est bien compliquée à résoudre. J’ai aussi voulu insérer des mots comme “descendance” ou “ici-bas”, car ce sont des choses qu’on ne choisit pas, qu’on n’a pas forcément voulu, mais qui définissent aussi notre être. Dire aussi ne pas naître est une manière de poser la question de l’avortement, du choix quand on donne la vie, des choix cruels qu’impose la vie.

Je voulais que ce poème semble être à la fois un début de réponse, mais aussi un refus de définir ce terme. Il y a pour moi trop de variables pour définir un être. On est quelqu’un certes, mais qui ? Aucun humain n’est identique à un autre. C’est ce que je voulais revendiquer dans ce poème : la question où être prend pour moi le sens des différences fondamentales qui sont pointées du doigt depuis toujours : la couleur de peau, la religion, la nationalité… Toutes ces choses définissent chaque être comme unique. Alors voilà, la question est : comment dire ? Je souhaite à travers ce poème laisser le lecteur libre d’imaginer sa propre définition, ou de ne pas en donner, pour laisser cette part de mystère, qu’a en lui l’être humain, résonner dans ce poème.

 

Sources :

 

Source image : pixabay

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