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lundi 26 février 2024

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Moi Capitaine, l’histoire vraie de celui qui défie le destin

Le récent film de Matteo Garrone, « Io, Capitano », est devenu l’une des œuvres cinématographiques les plus discutées et célébrées de ces derniers temps. Lauréat du Lion d’argent du meilleur réalisateur au 80e Festival international du film de Venise et finaliste aux Oscars en tant que meilleur film en langue étrangère, le film a suscité des réactions intenses et contrastées, avec des critiques élogieuses saluant son audace dans le traitement du thème de la migration de l’Afrique vers l’Europe et des critiques mettant en cause certaines dérives dans les stéréotypes. Seydou rêve d’Europe et ce rêve lui coûte cher. Il part avec son cousin Moussa du Sénégal, cachant ses intentions même à sa mère bien-aimée, pour ce qui s’avérera être une véritable Odyssée. Dakar, le désert du Sahara, la frontière libyenne, les centres de détention, les ghettos multiethniques de Tripoli, la haute mer et enfin les côtes italiennes : Matteo Garrone dans “lo Capitano” raconte la traversée de l’horreur. À l’occasion de l’arrivée du film dans les salles françaises, découvrez l’univers de la réalisation du nouveau film italien nommé aux Oscars.

Moi Capitaine, le voyage de Seydou et Moussa vers un idéal

Moi, Capitaine est l’histoire presque “banale” de deux adolescents sénégalais, Seydou (Seydou Sarr) et son cousin Moussa (Moustapha Fall), qui décident de s’embarquer sur la route maudite qui, en traversant d’abord le Sahara, puis la Méditerranée, les mènera jusqu’aux rives de la Sicile et donc au rêve de l’Europe. “Banale”, même si le terme le plus juste serait plutôt tristement célèbre, ou surmédiatisé. Le voyage est décrit avec une puissance et une intensité qui touchent profondément le spectateur. Le récit se concentre sur l’aventure et le défi à un destin déjà écrit, plutôt que sur l’idée d’un besoin désespéré ou d’une menace imminente. C’est un voyage, aussi tragique soit-il, est porteur d’une grande confiance, d’un sentiment de force et de courage. Garrone parvient à maintenir un équilibre délicat dans le traitement d’un sujet aussi complexe, en évitant à la fois la romantisation de l’expérience migratoire et l’exploitation des sentiments du spectateur. En ce sens, penser que ceux qui fuient le font pour échapper à la misère, aux guerres, aux persécutions, n’est pas faux. Ce que « Moi, Capitaine” précise dès le début, c’est que ce n’est pas le désir des protagonistes. Partir, pour Moussa et Seydou, est un choix. Ils ne fuient pas une guerre, ils fuient un destin en rêvant d’une vie que, de loin, ils considèrent comme non seulement merveilleuse mais aussi concrètement possible.

“Moi, Capitaine” n’est pas seulement un film sur la migration, mais une histoire universelle d’espoir, d’aventure et d’épanouissement personnel. Garrone met le public au défi de regarder au-delà des récits conventionnels et de considérer les migrants non seulement comme des chiffres ou des statistiques, mais aussi comme des individus ayant leurs propres aspirations et désirs. Le film s’adresse sans aucun doute à un public occidental qui rejette souvent, avec trop de légèreté, le phénomène de la migration et la traversée de la mer Méditerranée avec indifférence, mais il s’adresse également aux nombreux jeunes, aux nombreuses personnes qui regardent les côtes méditerranéennes en pensant qu’il s’agit d’une destination facile à atteindre. Le film est aussi un avertissement sur la difficulté, la douleur, l’incertitude et l’injustice du voyage.

Moi Capitaine, une force narrative qui réside dans l’authenticité

Cette structure narrative, dans sa linéarité simple de “road movie” contemporain, est entièrement racontée du côté de ceux qui entreprennent le voyage, et non du côté de ceux qui le regardent de loin. Garrone fait parler ses personnages en wolof (une des langues parlées au Sénégal) et en français, les fait évoluer dans un Dakar où coexistent cultures urbaines et folklore, et colore le tout du son des tambours et des chants sénégalais. Le choix de tourner l’intégralité du film en wolof, la langue maternelle des protagonistes, et de faire appel à des acteurs non professionnels pour jouer les rôles principaux, ajoute un degré supplémentaire d’authenticité et de réalisme au récit. 

Moi Capitaine, l’histoire vraie de celui qui défie le destin

« Le Film de Matteo doit être un film pour tout le monde. Pour les Africains aussi : beaucoup ne savent pas comment se déroulent ces voyages et ce qui se passe en Libye ». C’est ainsi que Fofana Amara réagit au film réalisé et inspiré de son propre voyage. 

En effet, l’histoire dont s‘inspire Matteo Garrone est inspirée de l’histoire réelle de certains migrants : surtout celle de Kouassi Pli Adama Mamadoum, arrivé en Italie il y a quinze ans de la Côte d’Ivoire après avoir été emprisonné et torturé pendant 40 mois dans un camp libyen, et celle du mineur Fofana Amara. C’est précisément l’exploit de Seydou, embarqué et mis de force à la barre du bateau destiné à effectuer la dernière étape du voyage, obligé de mener à la ligne d’arrivée les espoirs communs de tant d’histoires de vie différentes, qui reproduit une histoire vraie, celle de Fofana, qui à l’âge de 15 ans a été mis à la barre d’un bateau avec 250 migrants, sans en avoir jamais conduit aucun, et qui une fois à terre a été identifié comme un trafiquant d’êtres humains et détenu en prison pendant de nombreux mois. 

Fofana a choisi de ne pas fuir, de s’engager dans un parcours italien d’intégration et a décidé en même temps que la mer serait le sceau de cette volonté. C’est précisément la mer, le fait de ne pas savoir nager (ce qu’il a appris plus tard grâce aux opérateurs de Catane) et les risques encourus pendant le voyage depuis la Libye, qui ont été les thèmes récurrents de ses conversations. Un choix qui s’est concrétisé d’abord en s’inscrivant au Nautico, puis en concentrant son activité dite réparatrice à la Ligue navale italienne, notamment en apportant son soutien aux personnes handicapées. « Cela signifie aider le capitaine dans les manœuvres, mais surtout aider les personnes handicapées à vivre ce moment comme un moment de joie », explique Fofana. La relation avec les personnes handicapées a beaucoup aidé Fofana : « Ils m’ont donné de l’espoir”. 

Moi Capitaine, une occasion pour l’Europe de se remettre en question

Le choix de terminer le film au moment du repérage de la terre d’accueil et de la présence salvatrice des garde-côtes, avec le cri de joie et de fierté du capitaine Seydou, n’est pas neutre, du moins en apparence. Pour ceux qui connaissent le labyrinthe législatif qui attend les deux garçons et la bataille qu’ils devront mener pour obtenir l’accueil souhaité, il est inévitable de prédire que l’héroïsme de leur voyage ne sera pas récompensé dans les salles d’audience. La seule carte qu’ils pourront probablement jouer sera leur jeune âge, mais leur statut de « migrants par choix » sera perçu comme un handicap plutôt que comme une vertu. Pour ceux qui sont nés dans certaines parties du monde, l’espoir est interdit ; construire un avenir, malgré la jeunesse, la détermination et la force, semble une tâche impossible.  

L’histoire de Fofana en est la preuve : Fofana est considéré comme majeur. Un malentendu né à la fois de l’absence de papiers (« comme la plupart de ceux qui arrivent sur nos côtes », note Piero) et du fait que, pendant le voyage, « pour rassurer ceux qui étaient à bord », il avait omis de préciser qu’il n’avait que 15 ans : pour être exact, « Fofana ne savait même pas nager à l’époque ». La combinaison de ces deux éléments conduit le garçon tout droit en prison. Celle des adultes. Il est immédiatement conduit à la prison de Cavadonna, dans la province de Syracuse, où il passe plusieurs semaines. Au terme desquelles le malentendu est dissipé : Fofana est un enfant, il est mineur. Sa détention provisoire est révoquée. Mais au lieu d’activer les services sociaux ou une quelconque mesure de protection, on l’emmène à la porte et on le laisse là, comme un adulte. Il était entendu qu’une erreur avait été commise et que la compétence devait passer au tribunal des mineurs, mais il a été abandonné comme ça, en pleine campagne, sans savoir quoi faire, où aller et sans qu’il ne connaisse la langue. 

Or, hormis un clin d’œil dans le titre même de (« Capitaine » est aussi le surnom de Matteo Salvini, l’homme politique italien qui, plus que tout autre, a bâti sa carrière sur des positions anti-immigration extrêmement dures) et quelques séquences racontant l’échec des garde-côtes européens à l’accueillir, il n’y a aucune trace dans le film de Garrone du débat italien sur les migrants : et c’est précisément pour cela que le voyage de Seydou s’arrête juste un moment avant que le débarquement n’ait lieu et que le cirque médiatique sur le sujet ne s’active.

Moi Capitaine et la symbiose avec la nature 

S’il y a quelque chose de politique dans le regard de Garrone, c’est dans les images incroyables captées par le directeur de la photographie Paolo Carnera, avec lesquelles il nous montre la nature qui imprègne tout le film et accompagne les migrants dans leur voyage d’espoir : les déserts (qui ressemblent à des mers) ou les mers (qui ressemblent à des déserts) sont des environnements naturels aussi harmonieux et parfaits qu’inoffensifs et pacifiques. Une nature belle, mais aussi neutre et arbitraire (même la mer déchaînée, autre lieu commun de l’imaginaire des migrations, est absente), mais qui finit par être contaminée par les drames des hommes qui la traversent. Les terres, les mers et les ciels de Garrone, en somme, n’ont pas de limites ni de frontières : ce sont les hommes qui les ont créées et qui en font des paysages de sang et de désespoir. Ce sera encore plus clair dans cette puissante scène finale (Garrone dira que c’est la première image à laquelle il a pensé, celle qui a ensuite donné vie au film), qui nous ramène, presque violemment, les pieds sur terre.

Moi Capitaine, des couleurs et costumes symboliques 

Les couleurs en disent long sur le parcours de Seydou et Moussa : les teintes multicolores des costumes traditionnels sénégalais cèdent peu à peu la place au gris des bleus de travail sales et usés. Stefano Ciammitti, le costumier du film, a expliqué dans une interview à « Fanpage.it » comment il a documenté son approche d’une culture si différente, afin de la représenter avec vérité et force, de manière à ce qu’elle aille de pair avec le voyage du protagoniste. Ce fut un travail long et minutieux, dans lequel Matteo Garrone était toujours présent. Stefano Ciammitti explique : « Avec des tailleurs locaux, je leur ai confectionné des vêtements et des coiffes qu’ils aimaient beaucoup. Le plus curieux est leur utilisation de perruques, même dans la vie de tous les jours : très colorées, parfois sculpturales, puis de très longs faux cils, toutes sortes de maquillages, des extensions colorées. Nous voulions obtenir cet effet pictural organique, en utilisant principalement des couleurs pures, en expérimentant toutes sortes de combinaisons, de manière maniaque ». Une scène en particulier semble se détacher de toutes les autres et soulève une question : dans la scène de la femme qui vole, la robe verte est-elle une robe traditionnelle ? Stefano Ciammitti explique “la robe verte est une robe traditionnelle typique, la vraie mère de Seydou me l’a donnée parce qu’elle me fascinait énormément, elle était censée être celle qui volait, elle avait donc aussi une signification émotionnelle ».

 

ENGLISH VERSION: 

Matteo Garrone’s recent film « Io, Capitano » has become one of the most talked-about and celebrated cinematic works of recent times. Winner of the Silver Lion for Best Director at the 80th Venice International Film Festival and a finalist at the Oscars for Best Foreign Language Film, the film has provoked intense and contrasting reactions, with critics praising its bold treatment of the theme of migration from Africa to Europe, and critics questioning certain stereotypical drifts. Seydou dreams of Europe, and this dream costs him dearly. He sets off with his cousin Moussa from Senegal, hiding his intentions even from his beloved mother, on what turns out to be a veritable Odyssey. Dakar, the Sahara desert, the Libyan border, detention centers, the multi-ethnic ghettos of Tripoli, the high seas and finally the Italian coast: Matteo Garrone’s « lo Capitano » tells the story of a horrific journey. To coincide with the film’s arrival in French cinemas, discover the world of filmmaking behind the new Oscar-nominated Italian film.

“Io, Capitano”, Seydou and Moussa’s journey towards an dream

“Io, Capitano” is the almost “banal” story of two Senegalese teenagers, Seydou (Seydou Sarr) and his cousin Moussa (Moustapha Fall), who decide to embark on the cursed road that, by crossing first the Sahara and then the Mediterranean, will lead them to the shores of Sicily and to the dream of Europe. It’s a “banal” journey, even if the more accurate term would be “infamous” or « over-mediatised ». The journey is described with a power and intensity that touches the viewer deeply. The narrative focuses on the adventure and the challenge to a destiny already written, rather than on the idea of desperate need or imminent threat. It’s a journey that, tragic as it is, carries a great deal of confidence, a sense of strength and courage. Garrone manages to maintain a delicate balance in his treatment of such a complex subject, avoiding both the romanticisation of the migration experience and the exploitation of the viewer’s feelings. In this sense, it is not wrong to think that those who flee do so to escape poverty, war and persecution. What “Io, Capitano” makes clear from the outset is that this is not the desire of the protagonists. For Moussa and Seydou, leaving is a choice. They’re not fleeing a war, they’re fleeing a destiny, dreaming of a life that, from afar, they see as not only wonderful, but also concretely possible. « I, Captain » is not just a film about migration, but a universal story of hope, adventure and personal fulfillment. Garrone challenges audiences to look beyond conventional narratives and consider migrants not just as numbers or statistics, but as individuals with their own aspirations and desires. The film is undoubtedly aimed at a Western audience that often dismisses the phenomenon of migration and the crossing of the Mediterranean Sea too lightly and with indifference, but it is also aimed at the many young people, the many people who look at the Mediterranean coasts thinking it’s an easy destination to reach. The film is also a warning about the difficulty, pain, uncertainty and injustice of the journey. 

“Io, Capitano”, a narrative strength that lies in authenticity

This narrative structure, with its simple linearity of a contemporary « road movie », is told entirely from the point of view of those who undertake the journey, and not from the point of view of those who watch it from afar. Garrone has his characters speak in Wolof (one of the languages spoken in Senegal) and in French, moving through a Dakar where urban cultures and folklore coexist, and coloring the whole with the sound of Senegalese drums and songs. The decision to shoot the entire film in Wolof, the protagonists’ mother tongue, and to call on non-professional actors to play the main roles, adds a further degree of authenticity and realism to the story. 

Moi Capitaine, the true story of those who defies destiny

« Matteo’s Film must be a film for everyone. For Africans too: many don’t know how these journeys work and what’s happening in Libya ». This is how Fofana Amara reacts to the film, inspired by his own journey. 

Indeed, the story on which Matteo Garrone draws is inspired by the real-life stories of some migrants: above all, that of Kouassi Pli Adama Mamadoum, who arrived in Italy fifteen years ago from Côte d’Ivoire after being imprisoned and tortured for 40 months in a Libyan camp, and that of the minor Fofana Amara. It is precisely the feat of Seydou, forcibly embarked and placed at the helm of the boat destined to make the final leg of the journey, obliged to bring to the finish line the shared hopes of so many different life stories, that reproduces a true story, that of Fofana, who at the age of 15 was put at the helm of a boat with 250 migrants, without ever having driven any of them, and who once ashore was identified as a human trafficker and detained in prison for many months. 

Fofana chose not to flee, but to embark on an Italian path of integration, and at the same time decided that the sea would be the seal of this will. It was precisely the sea, the fact that he couldn’t swim (which he later learned thanks to operators in Catania) and the risks involved in the journey from Libya, that were recurring themes in his conversations. A choice that came to fruition first by joining Nautico, then by focusing his so-called restorative activity at the Italian Navy League, in particular by providing support for the disabled. « This means helping the captain with maneuvers, but above all helping disabled people to experience this moment as a moment of joy, » explains Fofana. The relationship with disabled people has helped Fofana a lot: « They have given me hope ».

“Io, Capitano”,an opportunity for Europe to question itself

The choice of ending the film at the moment when the land of refuge is spotted and the coast guard comes to the rescue, with Captain Seydou’s cry of joy and pride, is not neutral, at least on the surface. For those familiar with the legislative labyrinth that awaits the two boys, and the battle they will have to wage to obtain the welcome they desire, it is inevitable to predict that the heroism of their journey will not be rewarded in the courtroom. The only card they are likely to be able to play will be their young age, but their status as « migrants by choice » will be seen as a handicap rather than a virtue. For those born in certain parts of the world, hope is forbidden; building a future, despite youth, determination and strength, seems an impossible task.  

Fofana’s story is proof of this: Fofana is considered of age. A misunderstanding stemming both from his lack of papers (« like most of those who arrive on our shores », notes Piero) and from the fact that, during the voyage, « to reassure those on board », he had omitted to specify that he was only 15 years old: to be exact, « Fofana couldn’t even swim at the time ». The combination of these two elements leads the boy straight to prison. An adult prison. He was immediately taken to Cavadonna prison, in the province of Syracuse, where he spent several weeks. At the end of this period, the misunderstanding was cleared up: Fofana was a child, a minor. His pre-trial detention was revoked. But instead of activating social services or any other protective measure, he was taken to the door and left there, like an adult. It was understood that a mistake had been made and that jurisdiction should pass to the juvenile court, but he was left like that, in the middle of the countryside, without knowing what to do, where to go and without knowing the language. 

Yet, apart from a wink in the very title (« Captain » is also the nickname of Matteo Salvini, the Italian politician who, more than any other, has built his career on extremely harsh anti-immigration positions) and a few sequences recounting the failure of the European coastguards to welcome him, there is no trace in Garrone’s film of the Italian debate on migrants : and that’s precisely why Seydou’s journey stops just a moment before the landing takes place and the media circus on the subject gets underway.

“Io, Capitano” and the symbiosis with nature 

If there’s something political in Garrone’s vision, it’s in the incredible images captured by cinematographer Paolo Carnera, with which he shows us the nature that permeates the entire film and accompanies the migrants on their journey of hope: deserts (which look like seas) or seas (which look like deserts) are natural environments as harmonious and perfect as they are harmless and peaceful. A beautiful nature, but also neutral and arbitrary (even the raging sea, another commonplace in the imaginary of migrations, is absent), but which ends up being contaminated by the dramas of the men who cross it. In short, Garrone’s lands, seas and skies have no limits or frontiers: they are created by men, who turn them into landscapes of blood and despair. This becomes even clearer in the powerful final scene (Garrone would say that it was the first image he thought of, the one that later gave life to the film), which brings us back, almost violently, to earth.

“Io, Capitano” colours and costumes that speak volumes

The colors speak volumes about Seydou and Moussa’s journey: the multicolored hues of traditional Senegalese costumes gradually give way to the gray of dirty, worn overalls. Stefano Ciammitti, the film’s costume designer, explained in an interview with « Fanpage.it » how he documented his approach to such a different culture, in order to represent it truthfully and forcefully, in a way that went hand in hand with the protagonist’s journey. It was a long and painstaking job, in which Matteo Garrone was always present. Stefano Ciammitti explains: « I worked with local tailors to make clothes and headdresses that they really liked. The most curious thing was their use of wigs, even in everyday life: very colorful, sometimes sculptural, then very long false eyelashes, all kinds of make-up, colorful extensions. We wanted to achieve this organic pictorial effect, using mainly pure colors, experimenting with all kinds of combinations, maniacally. » One scene in particular seems to stand out from all the others, and raises a question: in the scene of the flying woman, is the green dress a traditional dress? Stefano Ciammitti explains, « the green dress is a typical traditional dress, Seydou’s real mother gave it to me because it fascinated me enormously, she was supposed to be the one who flew, so it also had an emotional significance ». 

Sources :
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