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jeudi 30 mai 2024

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

L’histoire à rallonge de l’obtention de droits pourtant si basiques 

 

  • 29 avril 1945 : obtention du droit de vote lors des élections municipales 
    • La France accorde tardivement le droit de vote aux femmes alors que près de la moitié des pays du globe sont déjà passés au suffrage universel. Si la Nouvelle-Zélande, l’Australie ou encore la Finlande furent des précurseurs de cette avancée sociétale, des pays plus inattendus ont devancé la France. Tels que l’Azerbaïdjan, le Liban, l’Équateur, la Turquie, le Sri Lanka, la Thaïlande, l’Ouzbékistan ou encore le Salvador. 

 

  • 13 juillet 1965 : la loi réforme les « régimes matrimoniaux » et permet aux femmes d’ouvrir un compte bancaire 
    • Les femmes peuvent désormais travailler indépendamment et dépenser leur argent sans l’accord de leur mari. Elles obtiennent enfin l’autonomie financière, un premier pas essentiel dans une perspective d’émancipation. 

 

  • 28 décembre 1967 : la loi Neuwirth autorise la contraception
    • Cette loi est une révolution dans la vie sexuelle des Français car la question du contrôle des naissances animait vivement les médias. En octobre 1955, Jacques Derogy rédigeait un dossier intitulé « Les femmes sont-elles coupables ? » dans le Journal Libération et France Observateur lançait un grand débat : « 600 000 avortements valent-ils mieux que le contrôle des naissances ? ». François Giroud conclut dans L’Express : « Les hommes ont toujours eu beaucoup de courage pour supporter le malheur des femmes. »

 

  • 4 juin 1970 : reconnaissance de l’autorité parentale conjointe 
    • Le Code civil est modifié et reconnaît l’autorité parentale conjointe. Les hommes ne sont donc plus les « chefs de famille » et disposent, au même titre que leurs conjointes, du droit de garde sur leur enfant. 

 

  • 3 janvier 1972 : la loi sur la filiation ouvre timidement aux mères la possibilité de contester la présomption de paternité de leur mari. 
    • Cela met un terme aux inégalités persistantes entre les enfants « légitimes » nés dans le cadre du mariage et les enfant « naturels »  

 

  • 17 janvier 1975 : promulgation de la loi autorisant l’interruption volontaire de grosses dite « loi Veil
    • D’abord adoptée pour une période de 5 ans, cette loi extrêmement controversée à l’époque est le fruit d’un travail de longue haleine des associations féministes et de la ministre de la Santé de l’époque, Simone Veil. Le procès Bobigny en 1972 avait ouvert la voie à une dépénalisation de l’avortement mais jusqu’en 1943, celles qu’on appelait les « faiseuses d’anges » risquaient la peine de mort pour mettre un terme aux grossesses de leurs patientes. 

 

  • 11 juillet 1975 : autorisation du divorce par consentement mutuel
    • Cette avancée permet, enfin, à chacun des deux époux de mettre un terme au mariage et dédramatise cet acte longtemps vu en France comme contraire aux mœurs catholiques. Le divorce par consentement mutuel, dit « divorce à l’amiable » permet d’éviter les procédures longues et onéreuses de divorce.

 

  • 17 juillet 1984 : la Cour de cassation reconnait pour la première fois le viol entre époux en instance de divorce
    • Jusqu’à lors, les épouses étaient toujours tenues d’un devoir envers leur mari et l’absence de relations sexuelles au sein d’un mariage pouvait constituer un motif d’annulation de ce dernier. Ce n’est qu’en 1990 que la Cour reconnait pour la première fois le viol conjugal.

 

  • 4 mars 2002 : les femmes obtiennent le droit de transmettre leur nom de famille à leurs enfants 
    • La loi relative au nom de famille renforce l’égalité entre les pères et les mères en substituant la notion de nom de famille à celle de patronyme. Elle offre ainsi la possibilité de transmettre le nom du père, de la mère ou les deux selon un ordre choisi par les deux parents. 

 

  • 31 janvier 2013 : abandon de l’interdiction faite aux femmes de porter des pantalons 
    • Les femmes obtiennent le droit de porter des pantalons alors que la loi interdisait encore le « travestissement des femmes » par l’apparence vestimentaire. Toute femme qui souhaitait « s’habiller comme un homme » devait demander l’autorisation à la préfecture.

 

  • 26 janvier 2016 :  la loi de modernisation de notre système de santé supprime le délai minimal de réflexion d’une semaine pour avorter 
    • Cette loi permet aux sage-femmes de procéder à des IVG médicamenteuses mais aussi de délivrer de la conception d’urgence. « Croyez-vous vraiment que lorsqu’une femme prend la décision d’aller voir un médecin pour demander d’avorter, elle n’ait pas déjà réfléchi ? », questionnait alors la députée écologiste Brigitte Alain.

 

  • 7 octobre 2016 : la loi pour une république numérique interdit le revenge porn 
    • Le fait de diffuser une photo ou vidéo sexuellement explicite sans l’autorisation de la personne figurant dessus est officiellement un délit pénal passible d’un an de prison et de 45 000€ d’amende. 

 

  • 23 septembre 2020 : un décret met en place un dispositif électronique mobile anti-approchement pour les conjoints ou ex-conjoints violents 

 

  • 1 janvier 2023 : la contraception devient gratuite pour les femmes de moins de 26 ans 
    • L’extension de la gratuité de la contraception aux jeunes femmes de moins de 26 ans est motivée par le recul de l’usage de la contraception, souvent lié à des raisons financières. 3 millions de jeunes femmes sont ainsi concernées par cette mesure. 

 

 

Sources :

source image : canva 

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