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dimanche 29 janvier 2023

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Les Troubles de Conduite Alimentaire

Aujourd’hui en France, 900 000 français.e.s sont touché.e.s par les TCA, les Troubles de Conduite Alimentaire, dont environ 600 000 jeunes. Dans 90% des cas, cela concerne des femmes entre 18 et 25 ans, mais on observe depuis quelques années l’apparition de TCA chez certains enfants dès 8 ans. 

Les TCA englobent plusieurs troubles différents, et sont diagnostiqués par un.e médecin ou un.e psychologue. En cas de doute, il est important de consulter, car les TCA peuvent aussi être symptômes d’autres maladies ou la manifestation d’un mal-être. Pour les étudiant.e.s de la faculté Lyon 3, le service de médecine préventive est facilement accessible, et est là pour accueillir tous.tes celle.ux qui souhaitent avoir un rendez-vous médical. 

Les deux troubles les plus “connus” parmi les TCA sont l’anorexie et la boulimie. Souvent, ce sont deux troubles qui se complètent chez un.e patient.e, c’est-à-dire qu’une personne anorexique peut vivre des épisodes de boulimie.

  • L’anorexie : ce trouble touche entre 0,9 et 1,5% des femmes, et entre 0,2 à 0,3% des hommes. Il se caractérise par une perte de poids intentionnelle, notamment grâce à une restriction alimentaire très importante par rapport aux besoins du corps. Il y a une peur de grossir, souvent accompagnée d’une volonté de purger son corps (avec des laxatifs ou des vomitifs par exemple).  
  • La boulimie : ce trouble touche 1,5% des 11-20 ans en 2019. Il se caractérise par une ingurgitation importante et rapide d’aliments, notamment en dehors des repas. Les personnes anorexiques peuvent faire des crises de boulimie pour répondre à des besoins physiques et psychologiques, et cela s’accompagne d’une grande culpabilité. 

 

Certains troubles, dont on parle moins, font aussi partie des TCA.

  • Le mérycisme : c’est le fait de régurgiter et de remastiquer des aliments, sans nausée ni sensation de dégoût. C’est un trouble qui se rapproche de l’anorexie mentale, avec l’idée de restriction d’ingestion d’aliments. 
  • L’hyperphagie nocturne : ce trouble touche entre 3 et 5% des français.e.s. Il consiste en l’ingestion rapide, nocturne et souvent non contrôlée d’aliments. Cela entraîne souvent une prise de poids et augmente les risques d’obésité. 
  • La potomanie : un.e patient.e souffrant de potomanie ingurgite jusqu’à plusieurs litres d’eau par jour pour calmer la faim et remplir l’estomac. Il y a là l’idée de restriction alimentaire en se nourrissant d’eau. 

 

Les TCA sont des troubles dont on parle depuis de nombreuses années, mais qui évoluent aussi avec la société. Selon le Royal College of Psychiatrists, les hospitalisations pour TCA chez les hommes ont augmenté de 84% ces cinq dernières années. Malheureusement, c’est un trouble difficile à déceler chez un homme, qui “doit” aujourd’hui être à la recherche de muscles et de minceur. En vérité, les TCA touchent de plus en plus des groupes hétérogènes de personnes. Cela peut s’expliquer par l’image du corps parfait renvoyé par les réseaux sociaux, et qui culpabilise les hommes, les femmes, ainsi que les enfants, exposés à ces idéologies.

En effet, les réseaux, en plus de montrer en images les bienfaits d’un régime (avec l’orthorexie, le manger “droit”, l’obsession de manger sainement) ou de longues séances à la salle de sport, culpabilisent les internautes qui n’en font pas de même. C’est la même chose pour les publicités minceurs, qui utilisent un.e modèle, un être humain et vivant, qui ne semble pas conforme aux normes de beauté et de perfection voulue aujourd’hui (alors que le.la modèle est déjà mince, ou de corpulence normale, citons, à tout hasard, les publicités pour des pilules Anaca3, les régimes Comme J’aime, XLS Médical… etc). Mis à part à cause de problèmes de santé engendrés par un poids, il n’est JAMAIS nécessaire de perdre du poids ou d’en gagner. Et surtout pas pour se conformer au regard des autres. 

C’est vrai que c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire, lorsqu’on est en permanence soumis.e.s à ces standards de beauté. Au Japon, le culte de la minceur est poussé à l’extrême, avec la volonté de passer en dessous de 40 kg. Il y a cette idée que “manger peu est féminin” ancrée dans les mentalités, et cela encourage la maigreur chez les femmes.

Pour en savoir plus : https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2015-12/rbp_cadrage_boulimie_mel.pdf

https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2010-09/3ebat_fs_famillepatient_anorexie_2209.pdf

 

Comment déceler les TCA et aider les personnes qui en souffrent ? Il faut évidemment s’intéresser à la personne, aiguiser son regard sur ses habitudes. Il faut savoir que la personne s’est construite autour du TCA, c’est une partie de son identité et cela demande beaucoup de courage de reconnaître en souffrir. Néanmoins, voici une petite liste de choses permettant de savoir si une personne souffre de TCA : 

  • changements alimentaires/ restriction des habitudes alimentaires/ “comptage” des calories
  • importance de l’apparence/ malaise à propos de son corps
  • perte de poids importante/ prise de poids importante
  • pensées sombres/ automutilations
  • aménorrhé (arrêt des règles)/ comportements sexuels à risque (pas de protections notamment)
  • troubles anxieux/ troubles de l’humeur/ troubles de confiance en soi
  • exercices physiques excessifs
  • problèmes dentaires/ cardiaques
  • désintérêt pour des activités affectionnées avant / renfermement sur soi
  • Insomnie/ frilosité/ fatigue/ perte de cheveux/ vertiges…

 

Les TCA font partie des symptômes d’anxiété, d’angoisse, de dépression ou encore de phobie alimentaire. C’est souvent une petite partie de l’iceberg, qui est, de plus, assez simple à camoufler. Ne jamais sous-estimer le prétexte d’un régime, d’un jeûne, d’une privation alimentaire, d’un “pas le temps de manger, je grignote quelque chose plus tard”, et surtout, ne jamais juger la personne qui en est victime. Parce que c’est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir, parce que c’est une souffrance, parce que ce n’est pas simplement “un caprice” mais que cela cache un mal-être plus profond.



Sources :

https://www.psycom.org/comprendre/la-sante-mentale/les-troubles-psy/troubles-des-conduites-alimentaires-tca/

https://www.inicea.fr/articles/specialite/les-troubles-du-comportement-alimentaire-TCA

https://www.neonmag.fr/anorexie-boulimie-les-tca-en-nette-augmentation-chez-les-jeunes-hommes-558826.html

https://www.has-sante.fr/jcms/c_2581436/fr/boulimie-et-hyperphagie-boulimique-reperage-et-elements-generaux-de-prise-en-charge

https://www.huffingtonpost.fr/life/article/regimes-quand-le-japon-va-trop-loin_28301.html

 

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