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lundi 5 décembre 2022

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Le slogan « Éduquez vos fils au lieu de protéger vos filles » : Justin Baldoni et Chimanda Ngozie Adichie disent « éduquez vos enfants »

Analysons ce slogan qui résonne dans les manifestations afin de mieux pouvoir le comprendre. 

Nous le savons, les mœurs sont bien ancrées dans notre société. La misogynie et le sexisme ont des conséquences très lourdes. 

Depuis le mouvement MeToo, nombreux sont celles et ceux qui sont féministes et qui se battent contre ces violences sexistes profondément installées de nos jours. Pour rappel, Oxfam France définit le fait d’être féministe comme le principe d’être en faveur de l’égalité politique, économique, culturelle, sociale et juridique entre les femmes et les hommes. 

Ainsi, nous le savons bien, pour former une nouvelle génération qui tend de plus en plus vers la parité, il faut passer par le chemin de l’éducation, et cela le plus tôt possible. Si l’on réussit à changer les mentalités, les attitudes et les normes qui définissent notre société d’aujourd’hui, nous aurons la clé pour un changement structurel réellement efficace. Il faut que l’on aborde les sujets du consentement, du respect et des émotions. 

Dès le plus jeune âge, même dans le partage de l’espace de la cour de récréation à l’école, les garçons prennent une grande place avec le terrain de foot, alors que les filles se contentent du petit espace restant. Le manspreading (monopolisation de l’espace public par les hommes) commence ainsi dès le plus jeune âge. 

Seulement, ce n’est pas la faute des petits garçons de 7 ans à l’école, il faut que tous leurs agents socialisateurs changent et fassent évoluer les normes qu’ils enseignent aux enfants. Il y a un réel besoin d’adaptation de l’éducation. 

A titre d’exemple, au niveau de la participation en classe : les filles sont plus hésitantes, moins confiantes et restent dans ce rôle d’être belles plutôt qu’être intelligentes car la société leur a appris que l’apparence physique est plus importante et qu’il faut plaire aux garçons, c’est de cette manière que s’installe le « male gaze », que l’on définit comme le regard – souvent d’objectification et de sexualisation – porté sur les femmes par les hommes. On retrouve notamment ce concept dans le cinéma.  

En outre, le vocabulaire est différent quand il convient de décrire le comportement d’un enfant : on va facilement dire d’une fille qu’elle est « hyperactive » alors qu’un garçon est simplement « costaud », « motivé » ou « sportif ». Le choix des mots à un réel impact et ancre cette misogynie encore plus profondément. 

En effet, l’écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie a expliqué lors de son TedxTalks intitulé « Nous devrions tous être féministes » que la masculinité et le virilisme sont des cages qui emprisonnent les hommes. Elle affirme également que l’on apprend aux garçons qu’ils doivent cacher leurs sentiments et ne pas être ouverts ou sensibles, car cela ferait d’eux des personnes faibles.

Ainsi, le directeur américain Justin Baldoni est l’auteur d’un livre et d’un podcast intitulé « Man Enough : Undefining My Masculinity». Le livre nous rappelle que le féminisme affecte également les hommes. Dès que la balance de la parité aura été rééquilibrée, alors les hommes seront plus libres : plus libres d’exprimer leurs émotions et d’être vulnérables. Cela affectera beaucoup de domaines de leur vie tout en modifiant la nature de leur rapport aux femmes, et inversement. 

Finalement, protégeons-nous tous ensemble, soyons une force positive dans le monde et surtout, rééduquons-nous ainsi que nos enfants pour avoir l’espoir d’avoir une société dans laquelle les femmes ne craindront plus de marcher seules le soir. 

Sources :
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