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lundi 5 décembre 2022

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Le climat, territoire fertile au fake news

Les fake news font aujourd’hui partie intégrante de notre vie. Elles sont présentes partout et quotidiennement, en ligne par le biais de nouvelles publications, d’articles ou de vidéos sur des plateformes de réseaux sociaux. Ces nouvelles « fausses » informations ont un but bien précis : désinformer, tromper, mentir et déformer la réalité pour manipuler le public. Leur diffusion massive au travers d’internet permet aux sites qui les utilisent d’augmenter la visibilité de leur contenu. Ces informations peuvent nuire à une personne, à une entreprise, mais surtout peuvent nuire à la totalité de la population lorsqu’elles s’attaquent à une question actuelle comme celle du climat.
En effet, la question du changement climatique est revendiquée comme étant le sujet qui suscite le plus de « fake news » à travers les réseaux sociaux et les médias. C’est un des défis majeurs du 21ème siècle, et pourtant les fausses informations qui circulent sur la thématique entraine une désinformation de la population qui nie l’ampleur du réchauffement climatique de nos jours, l’installation de croyances multiples ou encore des théories complotistes.
Parmi les fake news les plus répandues, nous pouvons lire et entendre régulièrement que la fonte des calottes glaciaires ne fait pas monter le niveau de la mer, que c’est le soleil qui réchauffe la planète ou que le réchauffement climatique est dû à la modification de l’axe de rotation terrestre. Certaines fake news sur le climat paraissent évidemment fausses à la première lecture, mais d’autres s’appuient sur des faits scientifiques ou des théories et donnent l’impression d’une cohérence et ne ressemblent plus à un mensonge évident mais
bien à une vérité scientifique.
Le cadre scientifique du réchauffement climatique engendre une manipulation des données scientifiques, des échelles de température, de temps, des courbes pour arriver à la publication de données mensongères par les climato-sceptiques. L’idée de « cherry picking » qui consiste à prendre en compte les seules données qui vont dans le sens voulu, a été aussi fortement utilisé par les climato-sceptiques. En effet, dans une période de 15 ans la température moyenne mondiale s’est réchauffée moins rapidement, cette période appelée le hiatus a été montrée sur des courbes qui ont été réutilisées par les climato-sceptiques dans le but d’afficher l’ébauche d’un arrêt du réchauffement climatique.
Les fake news portant sur la question du climat existent depuis les années 1990 et ont évolué jusqu’à aujourd’hui. En effet, aujourd’hui les climato-sceptiques utilisent la branche des réseaux sociaux pour développer leurs idées. Se mêlent sur les réseaux sociaux un débat entre informations fiables et opinions multiples, ils mettent alors en doute les politiques publiques contre le réchauffement climatique ou encore les solutions proposées par les gouvernements.

Les discours d’inaction font aussi parti de toutes les publications mensongères des climato-sceptiques qui cherchent à trouver des excuses à l’inaction ou à retarder l’action de la lutte contre le réchauffement climatique, ces discours participent au fait de vouloir atténuer cette lutte et à la volonté de nier cette problématique actuelle.
Alors, comment combattre les fake news ?
De nombreux médias, en France mais aussi au Royaume-Uni ont pris conscience du problème actuel de la circulation des fake news et proposent des outils de vérification de l’information, par exemple Libération ou Le Monde utilisent des outils comme Checknews ou Décodex.
Parmi ces nouveaux outils, on retrouve Climate Feedback créé en 2018 qui s’appuie sur des climatologues du monde entier, de l’Université Pierre et Marie Curie à Paris pour le fondateur et jusqu’à Chicago pour le professeur David Archer, spécialisé dans le cycle carbone. Ces scientifiques analysent et commentent les articles les plus partagés sur cette thématique chaque semaine afin de corriger les erreurs éventuelles ou rajouter des éléments permettant une meilleure compréhension du contexte. Pour l’instant cet outil ne se concentre que sur des articles anglophones et publiés dans des médias traditionnels, mais la progression des connaissances scientifiques dans le domaine du climat et sur la problématique du réchauffement climatique permet aussi de lutter en démentant certaines fake news.
En recherchant les causes du phénomène de réchauffement et en évaluant les causes des changements qui affectent le climat, les scientifiques ont permis de confirmer l’existence de ce réchauffement à long terme.
La lutte contre les fake news et leur croissance est très largement importante, ces fausses informations ne doivent pas être vues comme des faits scientifiques établis, par l’éducation des populations et la connaissance de tous, l’ampleur des fake news pourrait être réduite sur ce sujet. L’organisation Reporters d’Espoir a publié un guide intitulé Médias et Climat qui invite les journalistes à rendre plus compréhensible les informations liées au réchauffement climatique pour le grand public. Les journalistes se doivent d’être alertés sur ces fake news et en capacité de les reconnaitre. En assistant à des évènements comme les Assises du journalisme, ils peuvent être sensibiliser à ces fake news climatiques et s’informer à leur tour pour les débusquer et les éviter en se renseignant sur la crédibilité de l’information, les motivations de la personne qui publie le contenu ou la source de l’information.
Enfin, depuis ces derniers mois les grandes plateformes de réseaux sociaux ont annoncés prendre des engagements contre la désinformation climatique. Pourtant le rapport publié par l’ONG Avaaz le 16 décembre montre que ces annonces n’ont pour l’instant pas vraiment eu d’effet pour l’entreprise Facebook dans la régulation des informations liées au changement climatique. En septembre, c’est l’entreprise Twitter qui a lancé un nouvel outil, ExtremeWeather, afin d’analyser les conversations autour de la thématique du climat. En effet, l’entreprise prend une place majeure dans la diffusion des fake news portant sur le climat, la plateforme indique que le réseau est identifié « comme un vecteur clé pour les climato-sceptiques, qui utilisent ces mêmes moments pour faire dévier les récits dans une autre direction ».
La plateforme Google a quant à elle choisi d’utiliser une méthode plus draconienne consistante à démonétiser tous les contenus qui seraient contraires au consensus scientifique en s’appuyant sur les données du GIEC afin d’établir un équilibre entre le contenu qui peut être considéré comme une fake news ou non.

Sources :
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