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lundi 26 février 2024

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Découvrez l’Afrique du Sud en quelques mots et souvenirs…

Dans cet article, je vais essayer de partager avec vous le coup de cœur que j’ai eu pour ce pays et cette culture. Malheureusement, les décrire ne sont pas suffisants pour faire ressortir ses trésors… C’est pourquoi je vous conseille vivement d’aller découvrir les merveilles qu’offre ce pays par vous-même. 

En attendant de planifier le voyage de votre vie, voilà pourquoi vous devriez absolument visiter l’Afrique du Sud une fois dans votre vie :

Une géopolitique étonnante 

L’Afrique du Sud est le pays africain situé le plus au sud, à la pointe du continent. Sa superficie s’élève à un peu plus de 1,2 million de km², ce qui fait de lui le vingt-cinquième plus grand pays du monde. 

Une des particularités du pays est également le fait qu’il soit le seul au monde à disposer de trois capitales : Pretoria au niveau administratif ; Le Cap du point de vue législatif ; et enfin Bloemfontein au plan judiciaire. 

En termes de démographie, ce pays africain était composé d’environ 57 millions d’habitants en 2021, ce qui le place cette fois-ci au vingt-sixième rang mondial. L’Afrique du Sud peut être assimilée à une véritable mosaïque de savanes, de montagnes, de zones désertiques, de plages, de petits villages typiques ainsi que de grandes métropoles au style américano-européen. 

Économiquement, l’Afrique du Sud est la deuxième puissance économique du continent africain, après le Nigeria. Jusqu’en 2014, le pays était à la première place. Quant à la monnaie locale, c’est le rand. 

Au plan politique, l’Afrique du sud est une république parlementaire unitaire dont le président est Cyril Ramaphosa depuis 2018. Avant 1961, le pays était une monarchie constitutionnelle nommée Union d’Afrique du Sud. Finalement, les Sud-africains ont pu participer à leurs premières élections démocratiques en 1994, qui se sont soldées par l’élection de Nelson Mandela. 

Une Histoire poignante et passionnante 

Je trouve qu’il est tout d’abord important d’évoquer l’histoire et la géopolitique de ce grand pays d’Afrique. En réalité, cette histoire particulière permet de comprendre beaucoup de choses quant au fonctionnement du pays aujourd’hui, et je ne peux que te conseiller de t’y attarder plus intensément. Ainsi, il est d’abord fondamental de mentionner le fait que les premiers groupes d’individus se sont installés sur le territoire dès 40 000 avant Jésus Christ : on les appelait les Khoïsan. Toutefois, dès 1488, les premiers européens ont atteint le Cap de Bonne-Espérance, il s’agissait des portugais Bartolomeu Dias et Vasco de Gama. La réelle implantation des colonies européennes en Afrique du Sud est datée de 1652 suite à l’établissement d’une station de ravitaillement au Cap demandée par la compagnie hollandaise des Indes orientales. En 1806, les néerlandais cèdent néanmoins leur place aux britanniques en tant que nouvelle puissance coloniale sur le territoire. 

Par la suite, de nombreux conflits entre les colonies ont divisé le pays. Toutefois, huit années après la fin de la seconde guerre des Boers, le 31 mai 1910, l’Union d’Afrique du Sud est créée par le South Africa Act. Ce dernier établit une démocratie parlementaire sur le modèle britannique, composée d’une monarchie constitutionnelle et d’un parlement souverain. Louis Botha, général Boer, devient dès lors le premier chef du gouvernement sud-africain. En 1915, les troupes sud-africaines sont engagées dans la Première guerre mondiale aux côtés des français et obtiennent en 1920 le mandat de l’Ouest-Africain allemand, accordé par la Société des Nations. En 1939, le pays s’engage dans la Seconde Guerre mondiale et participe en 1945 à la rédaction du préambule de la Charte des Nations Unies. Toutefois, en 1948, le parti national remporte les élections et le nouveau premier ministre, Daniel François Malan, instaure la politique d’apartheid. En réalité, avant sa mise en place, le pays détenait déjà un lourd passé de discrimination raciale. De façon non-exhaustive, l’apartheid tend à favoriser la suprématie blanche dans le pays tout en se revendiquant nécessaire au développement du pays ainsi qu’à la favorisation et à la préservation des cultures de chaque ethnie. En réalité, l’article 7 du Statut de Rome la définit comme « des actes inhumains (…) commis dans le cadre d’un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime ». Ainsi, dès 1949, une série de lois est promulguée afin de séparer totalement les différentes ethnies du pays sur les plans géographiques, sociaux et culturels. Par exemple, la première d’entre elles visait à interdire les mariages mixtes. Aussi, dès 1950, on divise officiellement la population selon les quatre principaux groupes ethniques sud-africains : les Blancs (Européens), les Métis, les Asiatiques (Indiens) et les Noirs (Bantous). Chacun aura sa propre zone d’habitation, définie par le Group Areas Act de 1950. En réalité, toutes les lois adoptées par la suite tendent clairement à favoriser la suprématie des « Blancs ». 

Toutefois, en 1960, faisant notamment suite à la répression cruelle de la manifestation de Sharpeville et à l’interdiction de l’African National Congress (ANC) et des mouvements nationalistes africains, la politique d’apartheid est condamnée par la communauté internationale et les Nations Unies. En effet, elle devient notamment un crime contre l’humanité au sens de l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Bien que le pays devienne la République d’Afrique du Sud, le 31 mai 1961, le pays maintient la politique répressive d’apartheid. Il faudra atteindre juin 1991 pour que les dernières lois d’apartheid soient abolies et qu’un projet de constitution ne soit engagé. Toutefois, après plus de quarante années de lutte, la ségrégation raciale reste ancrée dans les mentalités nationales et le pays va donc amorcer une phase de réconciliation nationale et internationale en instaurant notamment la Commission vérité et réconciliation. Aujourd’hui, toutes les ethnies vivent à égalité et en paix, l’apartheid n’est qu’un lointain mauvais souvenir. 

Une culture atypique : mélange africano-occidental  

La culture sud-africaine découle intrinsèquement de son histoire : un mélange d’héritages africain et occidental. Il est très difficile de décrire les spécificités culturelles de ce pays tant il y a d’associations de peuples, de paysages et de spécialités. Il est même d’usage de qualifier l’Afrique du sud de « nation arc-en-ciel », du fait de son multiculturalisme. 

Par ailleurs, sa diversité se caractérise par le fait qu’on y retrouve à la fois des grandes villes dynamiques à l’image occidentale, des savanes, des chaînes montagneuses offrant la possibilité de skier ou encore des canyons, des cascades et de nombreux autres secrets. De même, c’est le seul pays dans lequel il est possible de voir des lions, des éléphants ou des rhinocéros au même titre que des manchots ou des baleines. Malheureusement, j’ai eu l’occasion de voir des manchots mais pas de baleines…

Tout d’abord, concernant les traditions religieuses, les diversités culturelles se perçoivent. Ainsi, selon un recensement de 2016, environ 80% des sud-africains sont chrétiens mais les autres religions coexistent toutefois. En effet, plus de 10% d’entre eux sont athées et l’islam regroupe uniquement 1,5% des habitants. On retrouve également, des animistes (4,4%), des hindouistes (1%) et dans une moindre mesure des juifs et des hindous notamment. 

Quant aux aspects linguistiques, ce sont certainement les éléments les plus caractéristiques du multiculturalisme sud-africains. En effet, depuis 1994, le pays ne compte pas moins de 11 langues officielles, consacrées dans la Constitution sud-africaine. Cette donnée permet à l’Afrique du Sud d’être le troisième pays comportant le plus grand nombre de langues officielles, après l’Inde et la Zimbabwe. Parmi ces 11 langues officielles, on retrouve l’anglais qui est parfaitement compris et parlé par la plupart des sud-africains. On retrouve ensuite l’afrikaans, le zoulou, le xhosa, le swati, le ndebele, le sesotho, le sepedi, le setswana, le xitsonga et enfin le tshivenda. Dans les faits, le zoulou est la langue maternelle la plus parlée dans les foyers, étant pratiquée par un quart de la population. En seconde position, on retrouve xhosa (17,5%) suivi de l’afrikaans (15% environ). 

Aussi, le drapeau national symbolise le multiculturalisme du pays depuis 1994. Les six couleurs qui le composent représentent à la fois les diverses tendances politiques qui animent le pays, les couleurs prédominantes des anciens drapeaux sud-africains mais aussi les ressources naturelles du pays. 

Il faudrait au minimum écrire un livre pour prétendre être exhaustif quant aux spécificités culturelles de l’Afrique du Sud : l’architecture unique, les traditions culinaires, la cultures artistique et biens d’autres méritent d’être approfondis séparément. 

Un itinéraire type : un voyage inoubliable 

Après toutes ces considérations théoriques, je t’emmène avec moi parcourir l’Afrique du Sud en 10 jours. En réalité, cet itinéraire est celui que j’ai eu la chance de faire mais il n’est évidemment pas exhaustif : il existe des milliers d’autres lieux à découvrir dans ce pays. Je t’invite toutefois à t’immerger dans mon parcours. 

Johannesburg et Soweto :

Dans un premier temps, ma famille et moi avons pris un vol Lyon-Francfort puis Francfort-Johannesburg. Sur place, après avoir déposé nos affaires, nous sommes allés nous balader dans Johannesburg. Située à 1800 mètres d’altitude, cette ville aux allures européennes et américaines est très dynamique. Ensuite, nous sommes partis découvrir Soweto, une banlieue (on parle de township) située à 15 km au sud-ouest de Johannesburg. Soweto signifie en effet South Western Township. Cette banlieue comprend à la fois des quartiers très pauvres, des bidonvilles et des quartiers plus aisés. En application des mesures de séparation géographique des populations selon leur couleur de peau des années 1950, Soweto a accueilli les populations « noires », les grandes villes étant réservées aux « blancs ». Durant les années 80, le township constituera le symbole de la résistance à l’apartheid. Aujourd’hui encore, Soweto demeure l’une des régions les plus pauvres du pays. 

Le Parc Kruger Réserve privée :

Après avoir visité Johannesburg et sa banlieue de Soweto, il était l’heure de partir découvrir les richesses sauvages de l’Afrique du Sud offertes par le Parc Kruger. Pour cela, rien de plus efficace que de prendre un vol intérieur, dans un avion qui n’était toutefois pas plus grand qu’un camion… autant vous dire que l’on ressent les perturbations ! Vivants et excités, nous nous sommes dirigés vers la réserve naturelle privée de Timbavati, dans laquelle nous avons séjourné 3 jours. Chaque journée était organisée autour de deux safaris : un premier le matin de 5h30 à 8h environ et le second en fin d’après-midi, de 16h à 18h30 environ. Ces horaires nous permettent d’être plongés aux horaires de vie et de chasse des animaux et ainsi d’augmenter nos chances de les apercevoir. A la nuit tombée, il est également plus facile de les trouver grâce aux reflets de nos lampes torches sur les yeux des animaux. Plus précisément, lors des safaris, nous rencontrons des centaines d’espèces d’animaux différents : hippopotames, hyènes, girafes, zèbres et biens d’autres. Toutefois, les plus recherchés sont les fameux « big five » : l’éléphant, le rhinocéros noir, le lion, le buffle et enfin le léopard. A côté des animaux, les safaris permettent de découvrir réellement les paysages africains, uniques. Chaque virée en safari était un spectacle qu’il fallait enregistrer dans sa mémoire à jamais. Après avoir découvert la réserve de Timbavati, nous nous sommes dirigés vers celle de Kapama, bien plus grande puisqu’elle repose sur 13 000 hectares. De nouveau, le séjour était rythmé par des safaris et des découvertes de paysages plus extraordinaires les uns que les autres. 

Cape Town :

La suite du séjour s’est déroulée dans la ville du Cap, après avoir repris un petit avion local. Cape Town en anglais ou encore Kaapstad en Afrikaans, a été fondée en 1652 et est considérée comme la cité-mère d’Afrique du Sud. Depuis 1910, la ville est la capitale parlementaire d’Afrique du Sud. Elle se situe entre mer et montagne, et est plus précisément nichée entre les rives de la baie de la Table et la montagne de la Table. En réalité, elle a été nommée ainsi en référence au cap de Bonne-espérance qui se situe à environ 45 km du centre-ville et qui correspond à la pointe sud-ouest du continent africain. Plus précisément, dès notre arrivée, nous nous sommes rendus sur la montagne de la Table via la Lion’s Head, l’un des sommets de la montagne de la Table, lequel nous a offert un point de vue privilégié sur l’ensemble de la ville et de ses plages. Le Cap est composé de nombreuses petites maisons coloniales de toutes les couleurs ainsi que de grandes avenues à l’américaine ce qui rend la ville extrêmement européenne. Toutefois, à chaque recoin on se rappelle du pays dans lequel on se trouve réellement, que ce soit par le biais d’un groupe de danseurs africains dans la rue ou bien de la convivialité qui caractérise chacune de nos rencontres. Aussi, en nous promenant, nous nous sommes attardés face à l’hôtel de ville, dans lequel Nelson Mandela a tenu son premier discours après sa libération de prison. Le premier soir, nous sommes allés nous promener dans l’ancienne zone portuaire, nommée Victoria & Alfred Waterfront, mais qui aujourd’hui sert au commerce et au tourisme principalement. Là encore, on est plongés dans une architecture occidentale haute en couleurs, c’est superbe. 

Le deuxième jour au Cap a été consacré au tour de la péninsule du Cap de Bonne-Espérance. La route, Chapman Drive, est magnifique puisque se succèdent et s’accumulent à la fois des falaises vertigineuses, des prairies verdoyantes et fleuries ainsi que des longues plages de sable blanc. Cette virée a été, je crois, le plus beau paysage qu’il m’ait été donné de voir. Arrivés au Cape of Good Hope, les vagues étaient impressionnantes et offraient un paysage magnifique mais effrayant à la fois. Ici, se retrouvent à la fois des manchots, des phoques, des baleines mais aussi des babouins et des autruches. La nature y fait la loi. Nous avons également pris un petit bateau pour aller rendre visite aux baleines, bien que ces dernières n’aient pas voulu montrer leur jet… C’est le jeu malheureusement ! Le soir, nous avons mangé dans un restaurant typique dans lequel les serveurs portaient des tenues locales, chantaient et dansaient durant le service. C’était une chance incroyable d’assister à un tel élan de bonheur de la part d’une population extrêmement chaleureuse et accueillante, sans parler de la nourriture locale qui est excellente. 

Le dernier jour, nous nous sommes baladés dans l’immense Jardin botanique de Kirstenbosch. Fort de 530 hectares, ce jardin est considéré comme le plus beau d’Afrique. Il est situé au pied de la Table Mountain et contient des milliers d’espèces végétales dont la plupart ne se produisent que dans la région, elles sont endémiques. Le voyage s’est ensuite terminé par une balade sur l’une des plus grandes plages du Cap puis un pique-nique face au paysage merveilleux de la montagne qui plonge dans la mer. Ce qui est vraiment impressionnant avec cette ville et ce qui m’a réellement marquée sur cette ville et ses alentours a été la communion parfaite entre la montagne verdoyante et les grandes plages de sable blanc qui donnent sur la mer bleue. Finalement, rendez-vous à l’aéroport et départ pour la France, par une escale à Francfort comme à l’aller.

Pour conclure, ce mini guide a pour seul objectif de te démontrer pourquoi tu devrais te rendre en Afrique du Sud une fois dans ta vie, et j’espère t’avoir convaincu. Sincèrement, ce voyage à été le plus beau que j’ai fait et il le restera certainement : c’est le voyage d’une vie. Il y a tant de choses à faire et à voir que mon expérience n’est pas suffisante pour exprimer tous les trésors que le pays recèle. Sur ce, je vous laisse imaginer mon récit en images et vous conseille de planifier d’ores et déjà votre voyage en Afrique du Sud. Vous ne le regretterez pas !

Bon voyage …

Sources :
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