Aujourd'hui :

jeudi 30 mai 2024

Le journal des étudiantes et étudiants de Lyon 3

Babylon ou la lettre d’amour au cinéma de Damien Chazelle

Damien Chazelle, réalisateur franco-américain notamment connu pour avoir réalisé Whiplash (2014) et La La Land (2016), est de retour avec un nouveau chef-d’œuvre. Véritable ode au cinéma hollywoodien des années 20, Damien Chazelle nous surprend encore par sa mise en scène spectaculaire et sa bande originale à couper le souffle.

Porté par un casting cinq étoiles, le film suit Manuel Torres joué par Diego Calva et Nellie Laroy, brillamment interprétée par Margot Robbie dans le Los Angeles des années 20 et ce qu’on peut communément appeler la naissance d’Hollywood. Manuel et Nellie ont de grandes ambitions, leur objectif : réussir dans le monde du cinéma. Le cinéma étant, à cette époque, un « art » considéré comme vulgaire, il n’était pas forcément encadré par des règles. Sexe, drogues et excès en tout genre sont les mots qui décrivent parfaitement cette période. Damien Chazelle nous propose un film choc, en effet comme il l’explique dans une interview donnée à Sens critique : « Il fallait que le film choque parce que c’était une époque choquante ».

L’un des points forts du film est la dynamique entre les personnages de Manuel et Nellie, la relation que l’on pourrait qualifier de tumultueuse, voire de destructrice, entre ces deux grands rêveurs impacte l’histoire de manière considérable.

Le second point fort du film est son humour. La filmographie de Chazelle a toujours intégré une touche d’humour, cependant ce film aussi choquant qu’il puisse apparaître à l’écran, est une vraie comédie. Rempli de cuts minutieusement pensés ou encore de scènes complètement loufoques (petite pensée à la scène d’introduction), ces éléments s’intègrent parfaitement dans la réalisation et marchent efficacement.

Le dernier point fort du film, et pas des moindres, est la bande originale. Justin Hurwitz, l’auteur compositeur, est notamment connu pour sa collaboration avec Damien Chazelle sur ses précédents films. Ce dernier a composé l’entièreté des bandes originales de La La Land ou encore de First man. Celle de Babylon propulse le film dans une toute autre dimension.

Étant un film dont le sujet principal est le cinéma, il se retrouve fortement influencé par plusieurs classiques dont le plus notable est Singing in the rain, sorti en 1952 réalisé par Stanley Donen et Gene Kelly. Babylon, qui constitue également une sorte de mélange entre le Loup de Wall Street et Once upon a time in Hollywood, nous dépeint le moment où le cinéma muet passe au cinéma parlant. Cette période transitoire est notamment illustrée par le personnage interprété par Brad Pitt, Jack Conrad. Ce dernier étant un célèbre acteur du cinéma muet qui voit arriver à toute vitesse ce changement, ce progrès vers le cinéma parlant.

Une des thématiques qu’aborde régulièrement Chazelle dans sa filmographie est la poursuite de ses rêves. Aussi cliché que cela puisse paraître, la poursuite de ses rêves n’est pas forcément positive, il montre qu’il existe également certaines parts d’ombre à cela. Notamment lorsque le film marque le parallèle entre le déclin de Jack Conrad et l’ascension de Manuel dans ce vaste univers qu’est le cinéma. Cette dualité entre les deux personnages permet au réalisateur de traiter cette thématique de manière à ce qu’elle résonne en chacun de nous.

Malgré ses nombreuses qualités, le film n’est pas exempt de bémols. Que ce soit de par cet aspect fourre-tout qui pourrait déstabiliser le spectateur ou encore de par sa longueur. En effet, tout le monde n’est pas disposé à rester sur un siège pendant trois heures, même si ce sont trois heures nécessaires pour poser l’ambiance, introduire les personnages et faciliter le déroulement de l’histoire.

En somme, le conseil que tout amoureux du cinéma vous donnerait serait d’aller voir Babylon. Premièrement, car cela rattrapera sa non nomination à l’Oscars du meilleur film de 2023 et deuxièmement car à travers celui-ci, Damien Chazelle nous montre que le cinéma sert à nous faire voyager, à nous évader et à fuir cet endroit que l’on redoute tous. La réalité.

Sources :

Photo : Pixabay

Article : Sens critique, Damien chazelle – l’entretien : https://www.youtube.com/watch?v=oFUwqE3zhBU

Konbini, un cinéma dangereux, inclusif et festif ?: https://www.youtube.com/watch?v=hIvDa7dJ4bA

Partager cette publication :
Facebook
Twitter
LinkedIn
Email
WhatsApp